Birmanie: L’Eglise catholique travaille à la reconstruction deux ans après le passage du cyclone Nargis
Elle encourage l’esprit de coopération mutuelle entre les survivants du cataclysme de mai 2008
Pathein/Rangoon, 8 mars 2010 (Apic) Le cyclone Nargis, qui a frappé la Birmanie (Myanmar) dans la nuit du 2 au 3 mai 2008, a fait officiellement de plus de 140’000 morts et 2,5 millions de sinistrés, dont certains vivent toujours dans des conditions très précaires. Un solide esprit communautaire prédomine désormais dans les villages qui ont été parmi les plus touchés par le cyclone, relève l’Eglise catholique locale, très investie dans le travail de reconstruction et réhabilitation.
La Birmanie est bouddhiste à 89 % et ne compte que quelque 4 % de chrétiens, dont un quart de catholiques, très engagés dans l’aide humanitaire et sociale.
Lors du cataclysme de mai 2008, l’Eglise catholique s’était déjà particulièrement investie dans les secours aux sinistrés, s’appuyant sur les réseaux locaux des associations et des diocèses, alors que les aides internationales étaient bloquées par la junte au pouvoir. Le Père Henry Eikhlein, directeur du Karuna Pathein Social Service (KPSS), la Caritas pour le diocèse de Pathein, a effectué du 17 au 25 février dernier une tournée d’inspection des programmes de réhabilitation de 21 villages dans le delta de l’Irrawaddy.
Là où l’Eglise catholique a encadré la reconstruction, rapporte-t-il, les villageois ont développé une réelle coopération mutuelle et entretiennent désormais de bonnes relations entre les différentes communautés, quelles que soient leurs religions. Sur les 21 villages qu’il a visités, cinq sont catholiques et tous les autres bouddhistes.
«Nous avons vu les signes tangibles de l’amélioration des relations entre les villageois, et le chemin parcouru par eux afin de mieux communiquer les uns avec les autres», a déclaré le prêtre à l’agence de presse catholique asiatique UcaNews. Il ajoute que c’est sur ce principe de coopération mutuelle, sans lequel une communauté ne peut se développer, que s’appuie son équipe du KPSS dans ses programmes de réhabilitation, qui comprennent la reconstruction des maisons, des écoles, et des ponts ainsi que la reconstitution des cheptels totalement anéantis par le passage du cyclone.
«Lors de la distribution des aides, nous essayons d’encadrer les villageois. Nous les aidons à former des équipes afin qu’ils puissent aider eux-mêmes leur propre communauté», poursuit le Père Eikhlein. Lors de sa récente tournée d’inspection, le prêtre a pu organiser des rencontres dans tous les villages, et discuter avec les habitants de leur situation, de leurs progrès comme des difficultés auxquelles ils étaient confrontés. Dans certaines communautés, lui et son équipe ont eu des discussions ouvertes et amicales avec des moines bouddhistes à propos du développement de leur village.
«Le KPSS se concentre sur les besoins des pauvres, spécialement les paysans sans terre et les foyers dont le chef de famille est une femme… Nous essayons de répondre aux besoins de chaque être humain, sans distinction de race ou de religion», explique encore le directeur du service social KPSS. Au lieu de vivre sous la tente, les gens ont maintenant des maisons de bois recouvertes d’un toit de zinc, l’électricité a été rétablie et les moyens de communication se reconstruisent peu à peu, se réjouit également le prêtre, cité par «Eglises d’Asie» (EdA), l’agence d’information des Missions Etrangères de Paris (MEP). (apic/eda/be)




