Rome: L’Eglise doit descendre de son piédestal, assure Mgr Di Falco

Elle ne doit pas faire l’économie d’Internet

Rome, 12 novembre 2009 (Apic) L’Eglise catholique doit impérativement descendre de son «piédestal» et sortir de ses «ghettos» pour «surfer sur la vague Internet». C’est ce qu’a soutenu le Français Mgr Jean-Michel Di Falco, président de la Commission épiscopale européenne pour les médias (CEEM), au Vatican, dans l’après-midi du 12 novembre 2009. L’évêque de Gap (France) a également soutenu que les laïcs devaient prendre en main les sites Internet d’Eglise qui éviteront «la langue de bois».

En ouvrant les travaux de l’assemblée plénière de la CEEM sur ›la culture d’Internet et la communication de l’Eglise’, Mgr Di Falco a aussitôt rappelé l’aveu de Benoît XVI, en mars dernier, après ›l’affaire Williamson’, de l’importance de «suivre avec attention les informations auxquelles on peut accéder sur Internet». L’ancien ›porte-parole’ de l’épiscopat français a noté que les récentes ›affaires’ (Williamson, l’excommunication de Recife et les propos du pape sur le préservatif) avaient «révélé les forces et les faiblesses de la communication de l’Eglise dans le contexte d’une culture Internet triomphante».

S’il a affirmé que «la prise de conscience par l’Eglise institutionnelle de l’importance d’Internet est là», Mgr Di Falco a cependant constaté que «savoir surfer sur la vague Internet (était) une tout autre histoire».

Sortir des sacristies avec Internet

«Tous, nous connaissons des prêtres, des évêques pour qui Internet est le dernier de leurs soucis et continuent leur pastorale comme si Internet n’existait pas», a déploré le prélat avant de soutenir qu’Internet faisait pourtant «de plus en plus partie intégrante de la vie quotidienne». Ainsi, a soutenu Mgr Di Falco, «en n’y étant pas présent on se coupe d’une bonne partie de la vie des gens. Et lorsqu’on y est, ce que l’on y donne à voir est inséparable de ce que l’on est».

«Plus que jamais, a encore constaté le prélat français, Internet redistribue les cartes, nous fait descendre de notre piédestal, de notre chaire magistrale, nous fait sortir de nos ghettos, de nos sacristies». «Pape, cardinaux, évêques, prêtres, fidèles laïcs, nous intégrons avec Internet une agora, un espace libre et spontané où tout se dit sur tout, où tout le monde peut débattre de tout, une agora virtuelle où les internautes se font une idée sur tel ou tel sujet au gré de leur pérégrination, de leur recherche, voire de leur zapping», a ensuite soutenu Mgr Di Falco.

Pour Mgr Di Falco, «ce ne sont pas les jeunes qui ne viennent plus vers l’Eglise», mais «c’est l’Eglise qui est loin de leur monde». Autre constat : «Internet se transforme, transforme notre société et ne peut pas ne pas transformer l’Eglise, ne peut pas ne pas transformer notre manière d’être et d’agir en Eglise, au risque de ne plus être témoins du Christ dans le monde d’aujourd’hui».

Eviter la langue de bois

Fort de tous ces constats, le président de la Commission épiscopale européenne pour les médias a exhorté l’Eglise à «tenir compte» d’Internet et a mis en garde devant des sites catholiques qui «parlent la langue des initiés à l’usage exclusif des initiés». Il a invité les évêques et les prêtres «à s’entourer de laïcs compétents» pour réaliser les sites Internet de l’Eglise, à laisser «toute leur place aux laïcs sur le net». C’est ainsi, à ses yeux, qu’ils pourront «surprendre» et «faire tomber les idées fausses sur l’Eglise».

«Un site Internet chrétien doit s’occuper du monde et non se couper du monde», a encore expliqué Mgr Jean-Michel Di Falco, «il doit éviter la langue de bois, éviter d’être lui-même idéologue en cherchant à imposer sa vérité». Ainsi, «un site doit être ouvert au dialogue et au débat tout en montrant qu’il ne transigera pas avec certains principes acceptés par tous et partout».

Lors de l’ouverture des travaux de la CEEM, au Vatican, le cardinal croate Josip Bozanic s’est demandé pour sa part s’il était «vraiment nécessaire que l’Eglise soit présente sur Internet» avant de répondre aussitôt qu’il s’agissait en fait d’une «nécessité». Pas seulement pour ne pas apparaître «vieux jeu», a alors expliqué le vice-président du Conseil des conférences épiscopales européennes (CCEE), mais parce que l’Eglise «a une Bonne Nouvelle à communiquer ; parce que c’est sur Internet qu’il est possible de comprendre et que le modèle anthropologique de l’homme de demain est en train de se construire «.

En cours au Vatican du 12 au 14 novembre, l’assemblée plénière de la Commission épiscopale européenne pour les médias voit en particulier la participation de représentants du réseau social Facebook et des sites participatifs YouTube et Wikipedia. (apic/imedia/ami/pr)

12 novembre 2009 | 15:47
par webmaster@kath.ch
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