Elle servirait de couverture à des bénéficiaires non identifiés
Rome: La banque du Vatican au cœur d’une nouvelle «affaire»
Rome, 26 novembre 2009 (Apic) Une fois encore, l’Institut pour les oeuvres de religion (IOR) se retrouve au cœur d’une affaire avec l’ouverture d’une enquête du Parquet de Rome sur certains comptes courants ouverts dans une agence de la banque Unicredit située Via della Conciliazione, à deux pas du Vatican.
Le 26 novembre 2009, de nombreux journaux italiens ont rapporté les soupçons qui pèsent sur la «banque du Vatican» de servir de couverture à des bénéficiaires dont l’identité reste à déterminer. Une banque déjà secouée par de nombreux scandales financiers dans les années 1980 et 1990.
C’est l’Unité d’information financière italienne – la structure d’enquête de la Banque d’Italie – qui a signalé la «non-transparence» du titre de ces comptes courants intitulés au nom de l’IOR où auraient transité quelque 180 millions d’euros. Selon la loi sur la traçabilité bancaire votée il y a 2 ans en Italie, les mouvements d’argent doivent avoir pour seule origine une personne physique.
Le Parquet de Rome soupçonne l’IOR de servir d’»écran opaque» à des personnes physiques ou des sociétés ayant établi par ce compte un canal permettant le transfert de fonds entre la «banque du Vatican» et l’Italie.
Des «affaires» à répétition
L’Institut pour les œuvres de religion, qui avait subi une nette épuration dans les années 1990 après l’opération «Mains Propres» lancée par la justice italienne, est aussi impliqué dans l’affaire Emanuela Orlandi, du nom de la fille d’un employé du Vatican enlevée en 1983 par une bande criminelle romaine.
Cette affaire rocambolesque, jamais élucidée, défraie régulièrement la chronique dans la péninsule. En 2008, 25 ans après la disparition de la jeune fille, la presse transalpine avait diffusé un nouveau témoignage mettant en cause Mgr Paul Marcinkus, président de l’IOR de 1971 à 1989, aujourd’hui décédé. Ces derniers jours, la presse s’est fait écho d’un nouveau témoignage porté contre le prélat américain par l’ancienne compagne du chef de la bande mafieuse ayant procédé à l’enlèvement de la jeune fille, alors âgée de 15 ans.
Créé en juin 1942 par Pie XII (1939-1958), l’Institut pour les œuvres de religion gère aujourd’hui plus de 40’000 comptes bancaires de diocèses, congrégations et ordres religieux du monde entier, pour un patrimoine estimé en 2008 à 5 milliards d’euros. L’IOR est supervisé par une Commission de vigilance de 5 cardinaux. Dans une volonté de transparence, Benoît XVI a nommé le banquier italien Ettore Gotti Tedeschi au poste de président du Conseil de surintendance de l’IOR à la place de son compatriote Angelo Caloia en septembre 2009.
Les différents scandales financiers auxquels a été mêlée la «banque du Vatican» ont récemment fait l’objet d’un livre ayant rencontré un énorme succès en Italie, Vaticano s.p.a. (apic/imedia/cp/js)



