Elles espèrent trouver un époux ou tomber enceintes

Egypte: Les Egyptiennes se ruent à la «mosquée des filles», au Caire, en attente d’un miracle

Le Caire, 24 septembre 2014 (Apic) Gamie Al-Banat, «la mosquée des filles», au Caire, a une grande renommée auprès des Egyptiennes. Elle a la réputation d’avoir un pouvoir surnaturel qui attire des femmes venues de loin à la ronde. Dans sa dernière édition, le journal francophone égyptien «Al-Ahram Hebdo» publie un long reportage sur «les miracles de la mosquée des filles».

Située dans le quartier d’Al-Darb Al-Ahmar, cette mosquée fondée en 1313 à l’époque mamelouke, attire chaque semaine, des milliers de jeunes filles qui s’y rendent dans l’espoir de trouver un époux ou de tomber enceintes. Selon les statistiques officielles, en Egypte, plus de 4 millions de femmes de plus de 33 ans ne sont pas mariées. Dans une société intransigeante, où le mariage est considéré comme une protection pour les filles, les familles s’attachent au moindre espoir pour marier leurs filles, souligne «Al-Ahram Hebdo».

Pour l’imam, un acte superstitieux et illicite

Des filles et des femmes viennent des quatre coins d’Egypte, du Delta à la Haute-Egypte, à la mosquée «Gamie Al-Banat» pour y trouver un mari, d’autres femmes s’y rendent à la recherche de futures épouses pour leurs fils. La femme qui veut voir son vœu exaucé doit se rendre à la mosquée quatre vendredis successifs. «Une condition obligatoire, selon la tradition, sinon, tous ses efforts risquent d’être vains. Et selon le rituel, c’est le dernier vendredi que l’heureux événement tant attendu devrait avoir lieu», rapporte «Al-Ahram Hebdo». Bien que l’imam de la «mosquée des filles» rejette ces croyances – «il faut implorer Dieu le miséricordieux sans intercesseur» – et les qualifie de «bidaa» (acte superstitieux et illicite), les filles viennent toujours aussi nombreuses à la mosquée dans ce but.

A peine quelques années après la fondation de la mosquée, rapporte la tradition, nombreuses sont les filles qui, s’y étant rendues pour rechercher la bénédiction du lieu, ont vu leurs voeux exaucés. La réputation de la mosquée a grandi au cours du temps, atteignant même les pays du Golfe. «Que ce soit en matière de mariage, de fertilité ou de grossesse, on croit au pouvoir ‘magique’ de cette mosquée», relève le journal en ligne égyptien.

Ce ne sont pas uniquement les femmes qui croient au pouvoir de cette mosquée. Dans le quartier d’Al-Darb Al-Ahmar, personne ne met en doute la «magie» de ce lieu saint qu’est la mosquée «Gamie Al-Banat». Ce n’est pas le seul endroit auquel les Egyptiens s’adressent à la recherche de bénédictions, les récits colportés par beaucoup d’Egyptiens concernant le pouvoir de certains lieux saints remontent à la nuit des temps.

D’après le sociologue Ahmad Yéhia, les habitants de l’Egypte Ancienne ont toujours cru à la bénédiction et à la malédiction. D’après lui, les gens ont souvent recours à ce genre de solutions lorsqu’ils ne trouvent pas d’issues à leurs problèmes. «La pauvreté et le manque de ressources ont obligé ces personnes marginalisées à chercher une lueur d’espoir dans ces lieux de culte. Une sorte d’échappatoire à leurs problèmes. Dans ces mosquées, les filles sont surtout à la recherche d’un sentiment de sécurité qui les rassure». Les Egyptiens de toutes les classes de la population sont nombreux à croire au pouvoir de certains saints. (apic/alahram/be)

24 septembre 2014 | 14:48
par webmaster@kath.ch
Partagez!