Irlande: Un cardinal salué pour son rôle dans l’édification de la paix

Eloges de tous bords

Dublin, 7 janvier 2010 (Apic) Le cardinal Cahal Daly, qui était à la tête de l’Eglise catholique romaine en Irlande pendant les violences sectaires qui ont déchiré l’île, est décédé à l’âge de 92 ans. Il a été salué comme un champion de la paix et de la justice.

« Notre pays a perdu l’une des ses lumières les plus vives et l’un de ses fils les plus compétents. Il a joué un rôle vital dans la promotion de la réconciliation, de la paix et de la justice, à un moment critique de notre histoire », a déclaré l’archevêque Sean Brady d’Armagh, le successeur du cardinal Daly en tant que chef de l’Eglise catholique en Irlande, dans un communiqué du 1er janvier.

Le cardinal Daly, qui est mort à l’hôpital le 31 décembre, a été inhumé le 5 janvier sur le terrain de la cathédrale Saint-Patrick d’Armagh, après une messe de requiem.

De 1990 à son départ à la retraite en 1996 le jour de son 76e anniversaire, le cardinal Daly a été l’archevêque d’Armagh, capitale ecclésiastique de l’Irlande. Il détenait le titre de primat de Toute l’Irlande et il était le chef des catholiques tant en République d’Irlande qu’en Irlande du Nord, qui fait partie du Royaume-Uni.

L’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, qui a contribué à négocier en 1998 une fin au conflit qui durait depuis trois décennies, a fait l’éloge de l’ecclésiastique irlandais, affirmant que « le cardinal Daly a apporté une contribution majeure à l’établissement de la paix, en œuvrant à faire tomber les barrières entre les communautés. »

Le cardinal Daly avait auparavant été l’évêque de Down et Connor, diocèse qui inclut Belfast, la capitale de l’Irlande du Nord. Au cours des années 1980, puis après sa nomination à Armagh, il a montré avec persistance son désaccord avec les milieux qui cherchaient à employer la violence pour parvenir à leurs objectifs politiques.

Une voix de sagesse

« Tout le monde sait que, pendant le conflit, les républicains et le cardinal Daly n’ont jamais été proches », a déclaré Martin McGuinness, Premier ministre adjoint de l’Irlande du Nord et l’un des dirigeants du Sinn Féin, l’aile politique de l’Armée républicaine irlandaise (IRA), qui menait une lutte violente en faveur de l’unification de l’Irlande.

L’archevêque d’Armagh de l’Eglise (anglicane) d’Irlande, Alan Harper, a déclaré le 1er janvier: « Pendant les moments les plus difficiles, le cardinal a montré la voie de façon sage et courageuse … c’était un champion de la paix et de la justice, courageux et franc, s’exprimant toujours sans ambiguïté sur les questions communautaires pendant les moments les plus sombres des troubles. »

Un certain nombre de scandales au sein de l’Eglise catholique en Irlande – notamment la révélation qu’Eamon Casey, alors évêque de Galway, était le père d’un enfant, ainsi que l’émergence d’allégations concernant des abus sexuels sur des enfants par des membres du clergé – ont cependant entaché la période pendant laquelle le cardinal Daly était primat de Toute l’Irlande.

Le cardinal Daly avait nié à l’époque que les cas d’abus avaient été étouffés, a indiqué le site web d’information U-TV. Des directives ont été introduites pour les évêques peu de temps après qu’il eut quitté son poste en raison de son âge.

Cahal Daly est né dans le comté d’Antrim en octobre 1917. C’est le troisième d’une famille de sept enfants. Il a reçu son éducation au Séminaire national irlandais de Maynooth, dans le comté de Kildare, où il a obtenu un doctorat en théologie en 1945. Il a par la suite étudié à Paris et en 1946 il est devenu chargé d’enseignement en philosophie scholastique à l’Université Queen’s de Belfast. (apic/eni/js)

7 janvier 2010 | 08:12
par webmaster@kath.ch
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