Colombie : Le gouvernement donne une fausse image de la situation des droits humains

Embargo : mardi 28 octobre, 11h00 (heure suisse)

AI donne dénonce les manipulations du gouvernement

Bogota, 28 octobre 2008 (Apic) Le gouvernement colombien donne une fausse image de la situation des droits de la personne, dénonce Amnesty International (AI).

Le gouvernement du président Uribe dresse un tableau positif de la situation des droits humains dans le pays et prétend avoir neutralisé les groupes paramilitaires. Or les déplacements internes sont en augmentation, de même que les homicides de civils et les disparitions forcées, dénonce Amnesty International dans un rapport publié à Madrid.

Le rapport d’Amnesty International, intitulé ’Leave us in peace!’ Targeting civilians in Colombia’s internal armed conflict, est l’étude récente la plus complète sur la situation des droits humains dans ce pays d’Amérique du Sud. Il montre que, si certains indicateurs relatifs aux droits humains comme les enlèvements et la situation en termes de sécurité dans certaines villes se sont améliorés au fil des ans, bien d’autres se sont dégradés.

« Les autorités colombiennes sont dans le déni absolu, allant même jusqu’à refuser d’admettre qu’un conflit armé fait rage dans leur pays ; mais la population nous livre une histoire bien différente », a déclaré à Madrid Marcelo Pollack, chercheur sur la Colombie à Amnesty International. « Il est impossible de résoudre un problème si l’on refuse d’admettre son existence. Ce déni ne fait que condamner un plus grand nombre de Colombiens aux violations de leurs droits et à la mort. »

Le rapport d’Amnesty International dément certaines vérités assénées par le gouvernement colombien, selon lequel les groupes paramilitaires ont été neutralisés, les auteurs d’atteintes aux droits humains sont tenus de rendre des comptes et le travail des militants des droits sociaux et des syndicalistes est pleinement respecté.

Selon l’enquête d’Amnesty International, au moins 1 400 civils ont été tués en 2007, contre 1 300 en 2006. Dans les affaires pour lesquelles les responsables ont été identifiés, pas moins de 330 étaient imputables aux forces de sécurité, environ 300 aux paramilitaires et quelque 260 à la guérilla: 305 000 Colombiens ont été déplacés en 2007, contre 220 000 en 2006; au moins 190 personnes ont été victimes de disparitions forcées imputables aux forces de sécurité et aux paramilitaires ou ont été portées disparues après avoir été enlevées par les groupes de guérilla en 2007, contre environ 180 en 2006. (apic/com/pr)

27 octobre 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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