«Empêcher la victoire des forces du mal»

Philippines: Catholiques et musulmans condamnent l’attentat de Jolo

Philippines, 29 décembre 2010 (Apic) Catholiques et musulmans exhortent à la réconciliation et à la paix, après l’explosion d’une bombe, le 25 décembre, lors d’une messe de Noël célébrée sur l’île de Jolo. L’attentat a fait au moins 11 blessés graves, rapporte Eglises d’Asie, l’agence d’information des Missions étrangères de Paris (MEP).

Le 27 décembre, Mgr Jose Colin Bagaforo, évêque auxiliaire de Cotabato dans la région de Mindanao, a demandé réparation pour la chapelle désacralisée par l’attentat: «Tous les lieux de culte sont sacrés et doivent toujours être respectés», a-t-il rappelé, exhortant les fidèles à renforcer leur prière, et les communautés chrétiennes et musulmanes de la région de Mindanao à «travailler plus que jamais» en faveur de la réconciliation et la paix.

De son côté, Mgr Antonio Ledesma, archevêque de Cagayan de Oro, a appelé les Philippins à ne pas oublier le symbole de paix et d’espoir que représente Noël. «Tout en condamnant cet attentat à la bombe absolument insensé, qui a frappé d’innocents participants à la messe, nous souhaitons exprimer notre message de paix et d’espoir à tous les croyants de toute culture et toute confession religieuse», a-t-il déclaré selon Eglises d’Asie, l’agence d’information des Missions étrangères de Paris (MEP).

Outre les communautés catholiques et chrétiennes de toute obédience, le pape lui-même, dans son message de l’Angelus du 26 décembre, a condamné l’attentat et confié à la prière des chrétiens le «Noël sanglant» de plusieurs communautés catholiques à travers le monde, dont celle des Philippines.

Les musulmans condamnent

De nombreux responsables musulmans philippins ont également tenu à réagir par des déclarations officielles. Le 27 décembre, la Conférence nationale des oulémas (NUCP) a qualifié d’»inhumain et de barbare», un acte perpétré par les «forces du mal» qui cherchent à «répandre la terreur».

Les leaders musulmans ont également précisé que la «conception de l’islam» d’un mouvement terroriste comme celui d’Abu Sayyaf, «n’avait aucune légitimité aux yeux des ’véritables’ musulmans» et ont enjoint les autorités à «remuer ciel et terre» pour trouver les coupables et les livrer à la justice. «Nous exhortons les musulmans qui travaillent pour la paix, à lutter contre ceux qui détournent l’islam pour servir leurs propres intérêts», ont poursuivi les oulémas, incitant les autres communautés de croyants à aider les musulmans à «empêcher la victoire des forces du mal».

Vivre en harmonie

Le 28 décembre, Mgr Angelito Lampon, vicaire apostolique de Jolo s’est aussi exprimé sur les ondes de Radio Veritas: «L’Eglise n’a jamais fait aucun mal à ceux qui ont commis cet attentat», a t-il dit, soulignant que les principaux bénéficiaires des activités de charité des catholiques de Jolo étaient des musulmans, comme ces déshérités auxquels la paroisse du Sacré Coeur avait distribué des cadeaux, juste avant l’attentat. Mais malgré les attaques, l’Eglise doit continuer sa mission et vivre en harmonie avec ses «frères musulmans», a conclu le prélat.

Le vicariat apostolique de Jolo, situé dans la région autonome musulmane de Mindanao, couvre, à l’extrême sud-ouest de Philippines, l’archipel de Sulu et la province de Tawi-Tawi. Sur le million d’habitants qui vit sur ces centaines d’îles, le vicariat compte environ 2,5 % de catholiques pour une population très majoritairement musulmane, contrairement au reste des Philippines.

La région est connue pour être le bastion de nombreux groupes armés dont l’organisation terroriste Abu Sayyaf, responsable de nombreux attentats, enlèvements, prises d’otages et assassinats. La communauté chrétienne y est régulièrement la cible d’attaques, de menaces et de pressions diverses, malgré les appels renouvelés des évêques demandant que sa sécurité soit assurée par les autorités. (apic/eda/nd)

29 décembre 2010 | 10:12
par webmaster@kath.ch
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