Capture d'écran de la vidéo de Studio Brussel montrant la destruction d'une statue du Christ
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En Belgique, la destruction filmée d’une statue du Christ fait scandale

Une vidéo diffusée par le média belge Studio Brussel montrant la destruction à la barre de fer d’une statue du Christ a provoqué une vaste polémique. Les responsables de la chaîne se sont justifiés par une inconscience de la portée de l’acte, tout en le minimisant.

En Belgique, «ce n’est pas un gros problème», parce que c’est un pays «pas très religieux». Telle a été l’explication de Sam De Bruyn, producteur exécutif de Studio Brussel, suite à la vague d’indignation soulevée par la vidéo controversée, rapporte le site catholique belge Cathobel le 24 mars 2026.

Des animateurs de la radio publique flamande proposaient, le 19 janvier 2026, un concept de «rage room», lors duquel des auditeurs pouvaient envoyer un message pour exprimer leur frustration. Les animateurs cassaient alors un objet à leur place pour se défouler et chasser la «déprime du lundi». Or, parmi les objets détruits figuraient une statue de Jésus ainsi qu’une représentation de la Vierge à l’Enfant en plâtre.

«Ils n’auraient pas agi de la même façon avec d’autres confessions»

La séquence a fait immédiatement polémique, notamment sur le réseau X et des médias nationaux. Cieltje Van Achter, ministre flamande des médias et de Bruxelles, a notamment parlé d’un passage «particulièrement déplaisant». «En tant que ministre, je ne vais pas me substituer à la VRT (le service public de radio et télévision en Flandre, à laquelle appartient Studio Brussel): la chaîne dispose d’une autonomie éditoriale. Mais cette autonomie ne dispense personne de ses responsabilités ni du respect. Il est bon que l’on reconnaisse à la fin qu’il aurait fallu mieux réfléchir à cette question.»

Face aux critiques, la VRT a réagi en parlant d’une «mauvaise estimation» de son action, assurant que les animateurs en question s’excusaient. «Ils comprennent que cela a été blessant pour certaines personnes et feraient d’autres choix aujourd’hui.» La VRT a également estimé important que tous ses employés fassent preuve de respect pour chaque religion. Les animateurs ont toutefois admis qu’ils n’auraient pas agi de la même manière avec d’autres confessions.

Un miroir tendu à la société?

Une remarque qui a fait réagir Olivier Vincent, professeur de religion et chroniqueur sur Cathobel. «Qui peut sérieusement croire qu’une scène comparable aurait pu être tournée avec un objet rituel musulman ou juif? Qui imagine une équipe média, hilare, explosant devant les caméras un Coran, une menorah ou un symbole sacré de l’islam ou du judaïsme, avant d’expliquer ensuite qu’il s’agissait simplement d’un moment décalé?»

Pour le chroniqueur belge, «ce qui dérange ici, ce n’est pas seulement une vidéo maladroite. C’est le miroir qu’elle tend à la Société. Celle qui prétend défendre le pluralisme mais hiérarchise les sensibilités, qui invoque le respect, mais seulement lorsqu’il est prudent de le faire, et qui se dit tolérante, mais réserve parfois sa désinvolture à ceux qu’elle considère comme inoffensifs.»

La Belgique plus «tolérante» que la Suisse

En Belgique, il n’existe pas de délit général «d’atteinte aux symboles religieux» comparable à ce que certains pays appellent le blasphème. Cela signifie qu’il est légal de critiquer, ridiculiser ou choquer une religion en tant que telle.

En Suisse, la situation est un peu différente, car il existe encore une disposition pénale spécifique liée aux sentiments religieux. L’article 261 du Code pénal punit notamment le fait de ridiculiser ou d’offenser publiquement et de manière grossière les convictions religieuses d’autrui, ainsi que de profaner des objets de culte ou des lieux religieux.

Un tel cas s’est récemment présenté avec «l’affaire Sanija Ameti». Le Tribunal de district de Zurich a condamné le 28 janvier 2026 cette ex-membre des Vert’libéraux à une peine avec sursis pour atteinte à la liberté de croyance et des cultes. Elle avait tiré en 2024 sur une image pieuse représentant Jésus et Marie et publié des photos de sa séance de tir sur des réseaux sociaux. (cath.ch/cathobel/arch/rz)

Capture d'écran de la vidéo de Studio Brussel montrant la destruction d'une statue du Christ
2 avril 2026 | 15:04
par Raphaël Zbinden
Temps de lecture : env. 3  min.
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