Rome: Le Saint-Siège n’entend pas imposer une «capitulation» à la Fraternité Saint-Pie-X

En chemin vers une prélature personnelle

Rome, 24 octobre 2014 (Apic) Alors que se poursuivent les discussions avec la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX) en vue d’une «pleine réconciliation», le secrétaire de la Commission pontificale Ecclesia Dei assure que le Saint-Siège n’entend pas «imposer une capitulation» aux fidèles de Mgr Lefebvre. Dans une interview accordée à l’hebdomadaire français «Famille Chrétienne» daté du 25 octobre 2014, Mgr Guido Pozzo explique que des questions doctrinales doivent être «clarifiées» avant de proposer à la FSSPX de devenir une «prélature personnelle» qui pourra continuer à émettre des réserves quant à certains document conciliaires.

«Il n’est pas vrai de dire que le Saint-Siège entend imposer une capitulation à la FSSPX», affirme Mgr Guido Pozzo à «Famille Chrétienne». «Bien au contraire, poursuit le prélat romain, il l’invite à se retrouver à ses côtés dans un même cadre de principes doctrinaux nécessaires pour garantir la même adhésion à la foi et à la doctrine catholique sur le magistère et la tradition, en laissant dans le même temps au champ de l’étude et de l’approfondissement les réserves qu’elle a soulevées sur certains aspects et formulations des documents du concile Vatican II, et sur certaines réformes dont il a été suivi, mais qui ne concernent pas des matières dogmatiques ou doctrinalement in discutables».

Au fil de l’interview, Mgr Pozzo rappelle donc qu’il convient d’abord de «dépasser les difficultés doctrinales qui subsistent» et que Rome «ne peut pas renoncer» à l’adhésion par la FSSPX à la Professio fidei par laquelle on accepte les doctrines qui sont énoncées, soit par le pontife romain, soit par le collège des évêques, lorsqu’ils exercent le magistère authentique. S’il affirme que «nul ne peut se mettre au-dessus du magistère», Mgr Pozzo rappelle aussi qu’il existe plusieurs degrés d’autorité dans les textes du Concile Vatican II (1962-1965).

Oecuménisme, dialogue interreligieux et liberté religieuse

Dès lors, le secrétaire de la Commission pontificale Ecclesia Dei assure que la FSSPX ne doit pas renoncer à l’exigence qu’elle manifeste à l’égard de certains thèmes qui ne relèvent pas «du domaine de la foi». Parmi ceux-ci figurent les questions relatives à l’œcuménisme, au dialogue avec les religions du monde ou encore à la liberté religieuse.

Mgr Pozzo rappelle en outre que, pour l’heure, «la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X n’a pas de statut canonique dans l’Eglise et ses ministres n’exercent pas de manière légitime leur ministère ordonné».

Le dialogue a repris en automne 2013

Le prélat explique en outre que les discussions entre Rome et Ecône «n’ont jamais cessé» mais avaient été interrompues avec la nomination d’un nouveau préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi et l’élection du nouveau pape en avril 2013. «Le chemin du dialogue a donc repris à l’automne 2013 avec une série de rencontres informelles», précise Mgr Pozzo, jusqu’à l’entretien du 23 septembre dernier entre le cardinal Gerhard Müller, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, et le supérieur de la FSSPX, Mgr Bernard Fellay. Dans le cas d’une réconciliation complète, le statut canonique proposé par le Saint-Siège serait celui d’une prélature personnelle, précise enfin Mgr Pozzo. (apic/imedia/ami/bb)

24 octobre 2014 | 10:23
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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