Burkina Faso: Catholiques et musulmans ont célébré 40 ans de tolérance et de dialogue
En hommage à un missionnaire français engagé dans la lutte contre la famine
Ouagadougou, 13 octobre 2009 (Apic) Chrétiens et musulmans de Dori, au sud-est du Burkina-Faso, ont fêté ensemble du 5 au 11 octobre dernier, le 40e anniversaire de l’Union fraternelle des croyants de Dori (UFC). Selon le quotidien burkinabé, «Sidwaya», l’évènement avait pour thème : «Jeunesse, marche sur les pas de Lucien Bidaud et de l’UFC pour réaliser la tolérance et le dialogue interreligieux».
L’UFC est une structure de tolérance et de dialogue interreligieux qui sert de modèle au Burkina Faso. Elle a été créée en 1969 par un missionnaire catholique de la paroisse locale à l’époque, le père Lucien Bidaud. Cette année-là, la famine sévissait durement dans cette localité du Sahel burkinabé. Pris de compassion pour les populations qui souffraient de la faim, le missionnaire se débattit pour trouver des vivres afin de soulager cette souffrance.
Pour cette immense tâche humanitaire, il a recruté douze bénévoles des deux communautés religieuses de la région (musulmane et catholique). Quelques années plus tard, il fût affecté à Gorom-Gorom, province de l’Oudalan où il créa une autre union en 1972.
La famine passée, les deux unions se sont mises à travailler autour de programmes de développement au bénéfice des populations locales. Le Père Bidaud mourut tragiquement en 1988, dans le Sahara nigérien mais son œuvre a survécu.
Salamata Sawadogo, ministre burkinabé de la Promotion des droits humains, et marraine de la fête, a salué la mémoire du fondateur de l’UFC qui fait œuvre utile, et dont les activités ont besoin de plus «visibilité». «La sagesse et l’engagement de l’UFC permettent de rêver d’une chaîne d’amitié qui remplace la haine et la méfiance entre les hommes et où le désir de mieux se connaître est dicté par le besoin de mieux vivre ensemble», a encore déclaré la ministre.
Pour l’évêque de Dori, Mgr Joachim Ouédraogo, les populations de la localité ont découvert «l’eau vive et la paix véritable», à travers l’UFC. «Nous voici en train de nous resserrer sur le chemin, et c’est cela qui fait mon émotion», a-t-il fait remarquer, avant de rendre grâce à Dieu pour cette occasion qu’il leur offre de partager des «moments forts du combat que les deux confessions religieuses ont engagé depuis 1969». (apic/ibc/js)



