Rome: Le Vatican demande plus de moralité aux responsables publics
En marge des affaires de mœurs de Berlusconi
Rome, 21 janvier 2011 (Apic) Le secrétaire d’Etat du Saint-Siège, le cardinal Tarcisio Bertone, a fait part, le 20 janvier, de la «préoccupation» du Vatican quant aux soupçons qui pèsent sur le président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, dans une affaire de prostitution de mineure et d’abus de fonction. Alors que le Vatican avait affiché une certaine prudence ces derniers jours, le numéro deux du Saint-Siège a demandé aux responsables publics de faire preuve de «moralité, justice et légalité», rapporte l’agence I.MEDIA.
En marge d’une cérémonie organisée à l’hôpital pédiatrique du Bambino Gesù, à Rome, le cardinal Tarcisio Bertone a confié aux journalistes que le Vatican suivait «avec une attention particulière et avec préoccupation ces affaires italiennes.» Il y va d’une grande responsabilité, surtout face aux familles ainsi qu’aux nouvelles générations, et d’une exigence d’exemplarité, notamment face aux problèmes qui pèsent sur la société italienne». «Le Saint-Siège possède ses propres canaux, ses modalités d’intervention, même sans faire de déclarations publiques», a dit le cardinal Bertone.
«L’Eglise, a poursuivi le cardinal italien, (…) encourage et invite chacun, surtout ceux qui ont une responsabilité publique dans tous les domaines, l’administration, la politique comme la justice, à avoir et à assumer un engagement pour une moralité plus robuste, pour le sens de la justice et de la légalité. Moralité, justice et légalité sont les points cardinaux d’une société qui veut grandir et donner des réponses positives à tous les problèmes de notre époque».
Une certaine prudence de la part du Vatican
Au Vatican, jusqu’alors, personne n’avait officiellement commenté la nouvelle affaire de mœurs qui pourrait entraîner la démission de Silvio Berlusconi. Seul «Avvenire», le quotidien des évêques italiens, avait indiqué, le 18 janvier, avoir déjà rappelé de façon répétée à tous – et en premier lieu au président du Conseil – «qu’il faut une dose de sobriété et de respect pour soi-même et pour les autres (…) pour opérer dignement dans la sphère publique».
Nul doute que le président de la Conférence épiscopale italienne emboîtera bientôt le pas au cardinal Bertone. Le 22 janvier, le cardinal Angelo Bagnasco devrait rencontrer Benoît XVI en privé, deux jours avant d’ouvrir les travaux du Conseil permanent des évêques italiens. Il est fort probable, que le cardinal Bagnasco aborde cette affaire dans le traditionnel discours qu’il prononcera en début de séance, et dont le contenu est toujours soumis au préalable à la lecture du pape.
Dans une interview publiée par le quotidien transalpin «Il Secolo XIX», le 19 janvier, Mgr Gianfranco Girotti, régent de la Pénitencerie apostolique, a déjà estimé que «si ce que les journaux écrivent à propos du président du Conseil des ministres italien se révélait vrai, l’Eglise ne pourrait que prendre ses distances».
Le 14 janvier dernier, le parquet de Milan avait annoncé qu’il enquêterait sur le chef du gouvernement, 74 ans. Silvio Berlusconi est soupçonné d’avoir payé les prestations d’une prostituée mineure, Ruby, une jeune Marocaine, au cours de fêtes organisées dans sa villa d’Arcore, près de Milan (Italie). Il serait aussi intervenu pour la faire libérer lorsqu’elle avait été interpellée pour un vol présumé en mai 2010. (apic/imedia/ami/nd)



