Rome: Pas de traditionnelles primes liées au conclave pour les employés du Vatican
En raison de l’état des finances vaticanes ?
Rome, 18 avril 2013 (Apic) Les employés du Vatican ne bénéficieront pas des traditionnelles primes liées au conclave. Rompant avec la tradition, le pape François a décidé de ne pas attribuer aux quelque 4’000 employés du Vatican la prime habituellement offerte pour l’élection d’un nouveau pontife, rapporte le 18 avril 2013 l’agence I.MEDIA à Rome.
A l’occasion de la démission de Benoît XVI, le personnel du Vatican n’avait déjà pas bénéficié de la gratification habituellement attribuée lors du siège vacant, après le décès d’un pape. Par ailleurs, le pape François aurait choisi de destiner une partie de la somme prévue pour les employés à une œuvre de charité.
A la mort d’un pape, la tradition veut donc que les employés du Vatican touchent une gratification extraordinaire, ainsi qu’après l’élection de son successeur. En avril 2005, quelques jours après la mort de Jean Paul II, le cardinal camerlingue avait approuvé que soit versée à chaque employé une prime de 1’000 euros. Par la suite, chaque employé avait également reçu 500 euros quelques semaines plus tard, à l’occasion de l’élection de Benoît XVI.
Cette fois-ci, devant le caractère inédit de la situation créée par le choix de Benoît XVI de renoncer à sa charge – mais probablement aussi en raison de l’état des finances vaticanes -, le camerlingue, le cardinal Tarcisio Bertone, aurait décidé de ne pas verser cette prime pour le siège vacant.
Le pape souhaite une Eglise «pauvre et pour les pauvres»
Le pape François – qui a dit souhaiter «une Eglise pauvre» et «pour les pauvres» – a décidé pour sa part de ne pas attribuer non plus la prime habituellement versée lors de l’avènement d’un nouveau pontife. Selon certaines sources, il aurait choisi de consacrer une partie de la somme à une œuvre de charité, versant quelques centaines de milliers d’euros à la congrégation des Frères hospitaliers de saint Jean de Dieu.
Depuis l’élection du pape François, les rumeurs allaient bon train dans les différents services du Vatican. Ainsi, d’aucuns prétendaient que le nouveau pontife avait choisi de réserver la prime aux seuls laïcs. Devant l’absence de prime, certains ne cachent pas leur mécontentement, rappelant que l’Eglise peut choisir d’être pauvre, mais que nombre de ses employés laïcs ont charge de famille.
1’500 euros en 2005
Jusqu’à la mort de Paul VI en août 1978, la prime versée aux employés du Vatican correspondait à deux salaires pleins, l’un pour la mort du pontife, un autre pour l’élection de son successeur. Mais, dans les semaines suivantes, Jean Paul Ier était décédé après seulement 33 jours de pontificat et son successeur, Jean Paul II, avait jugé plus sage de ne pas verser une telle somme à chaque employé. Une prime spéciale moindre, dite «una tantum», avait alors été versée.
Trois thèses viennent justifier la tradition des primes exceptionnelles liées au siège vacant et à l’élection d’un nouveau pape. D’un point de vue spirituel, d’abord, les membres du Saint-Siège représentent en quelque sorte la famille du pape. Une fois le «père» décédé, il leur laisse donc un héritage.
Eviter les pillages
Par ailleurs, au Moyen Age, les membres de la cour papale pillaient les biens du pontife après sa mort. Par le passé, un camerlingue décida alors de donner une somme pour éviter cette situation. Enfin, plus prosaïquement, les employés ayant travaillé des heures supplémentaires à cause de la mort du souverain pontife et de l’élection de son successeur, il est légitime qu’ils reçoivent une prime de remerciement
Au Vatican, les bilans oscillent d’année en année entre bénéfice et déficit. Les derniers chiffres connus sont ceux présentés en juillet 2012 concernant l’année précédente: pour 2011, le bilan financier du Saint-Siège était dans le rouge, à hauteur de près de 14,9 millions d’euros. Tandis que celui du Gouvernorat de l’Etat de la Cité du Vatican était positif, avec un actif de 21,8 millions d’euros. (apic/imedia/ami/be)



