Allemagne: Les évêques adoptent de nouvelles procédures de sélection des prêtres
En vue d’empêcher les affaires d’abus sexuels
Trêves, 24 septembre 2010 (Apic) Les évêques catholiques romains d’Allemagne ont annoncé que des procédures plus strictes seraient appliquées lors de la sélection de nouveaux prêtres. Lors de son assemblée à Fulda, du 20 au 23 septembre, la Conférence épiscopale allemande s’est interrogée sur les façons de mieux prévenir les abus sexuels sur mineurs.
Admettant leurs erreurs passées dans les cas d’abus sexuels commis par le clergé sur des jeunes, les évêques se sont mis d’accord sur un nouveau cadre visant à empêcher de telles affaires dans toutes leurs institutions, rapporte l’agence œcuménique ENI. Les évêques avaient déjà présenté des excuses pour les abus qui ont eu lieu au sein d’institutions de l’Eglise catholique, annonçant que la question du dédommagement des victimes serait abordée avec des représentants du gouvernement.
«Nous savons que nous avons échoué», a déclaré l’archevêque Robert Zollitsch, président de la conférence épiscopale, aux 67 évêques titulaires et auxiliaires des 27 diocèses allemands, lors de la cérémonie d’ouverture de la réunion, le 20 septembre. Puis, dans un communiqué du 23 septembre, Mgr Zollitsch a fait savoir que, dans le cadre du nouveau programme de prévention, les évêques avaient décidé de mettre un accent spécial sur la formation et la sélection des prêtres.
«L’un des critères les plus importants lorsqu’on est prêtre, c’est d’avoir développé une identité personnelle stable. Ainsi, dans le cadre du processus de prévention, nous devons mettre le doigt sur les mesures thérapeutiques à prendre pour les candidats potentiels avant qu’ils ne soient acceptés, afin de déceler d’éventuels problèmes mentaux ou lacunes en matière de développement de la personnalité. En fin de compte, nous pourrons être amenés à refuser catégoriquement les candidats qui ne conviennent pas», a expliqué l’archevêque Zollitsch aux journalistes.
Mgr Ackermann a dirigé l’enquête sur les abus sexuels
Lorsque les évêques s’étaient réunis en février, ils avaient nommé l’évêque de Trèves, Mgr Stephan Ackermann, pour diriger l’enquête portant sur les abus sexuels dans l’Eglise catholique en Allemagne. En avril, ce dernier a mis en place une ligne téléphonique directe pour les victimes et, en novembre, il discutera de la mise en œuvre des nouvelles directives avec les directeurs des séminaires allemands, en compagnie de psychologues.
L’évêque Ackermann a affirmé qu’en appliquant les nouvelles directives, l’Eglise souhaite mettre en place un système de prévention fiable. «Notre objectif est de sensibiliser et d’éduquer toutes les personnes travaillant dans des institutions de l’Eglise à reconnaître les signes d’abus sexuels, et à prendre les mesures adéquates. Ces directives sont destinées à prévenir les abus sexuels. Cela comprend la violence sexuelle perpétrée par les mineurs entre eux, qui me préoccupe également particulièrement», a déclaré Mgr Ackermann.
Le nouveau cadre pour la prévention des abus sexuels comprend un code de conduite, un passage au crible plus strict des employés, la gestion de la qualité, des canaux internes et externes à l’Eglise pour communiquer les cas ou soupçons d’abus sexuels, ainsi que des cours de formation pour reconnaître les abus.
Sur la question des dédommagements aux victimes, condition exigée par leurs groupes de soutien, l’archevêque Zollitsch a déclaré que Mgr Ackermann ferait une proposition lors de ses discussions avec le gouvernement allemand. Néanmoins, l’archevêque a indiqué qu’une demande de 80’000 euros par victime serait irréaliste, car elle aurait des effets néfastes sur d’autres institutions catholiques, déjà contraintes de se serrer la ceinture. (apic/eni/bb)



