La longue marche de Sara Mendez
Encadré 1
Sara Mendez, Uruguayenne, est née en 1944. Issue d’une famille d’ouvriers, maîtresse d’école, elle s’engage très tôt pour le changement social et les rêves de changements que fait naître à l’époque la révolution cubaine et le Che. Pour une partie de la jeunesse et des laissés pour compte tout au moins… Convaincue que «seul un changement radical» pourra mettre fin aux injustices, Sara rejoint à l’âge de 22 ans la Fédération anarchiste uruguayenne, déclarée illégale en 1968.
En février 1973, apprenant qu’elle est recherchée par l’armée, et que cette dernière a fait irruption au domicile de ses parents, Sara réussit à s’enfuir en Argentine avec d’autres «compañeros», pour s’établir à Buenos Aires comme nombre d’exilés des répressions militaires des pays du Cône Sud. Dès lors, elle oriente sa lutte vers la dénonciation de la répression brutale exercée par la dictature militaire uruguayenne, des enlèvements, des disparitions et découverte de cadavres sauvagement mutilés.
Pendant les 3 ans qu’elle vit à Buenos Aires, de 1973 à 1976, Sara changera 13 fois de domicile, 5 fois de travail et une fois de nom. Mais cette vie clandestine fragile s’écroule dans la nuit du 13 juillet 1976. Sara se trouve face à face avec l’horreur du camp de détention clandestin «Automotores Orletti».
Le 26 juillet, elle est transférée en Uruguay avec 24 autres personnes. Les militaires mettent en place une sinistre mise en scène, pour se dédouaner face à l’opinion publique de plus en plus critique à leur égard: il font croire que leurs prisonniers forment un groupe subversif ayant échoué dans sa tentative de prendre le pouvoir en Uruguay par le terrorisme.
Ce stratagème puéril ne trompera personne. Mais il aura l’avantage de sauver la vie de Sara Mendez et celle de 24 compagnons, sur un total de plus de 30’000 disparus en Argentine. Sara a été condamnée à 4 ans et demi de prison.
Le 8 mai 1981, la mère de Simon est libérée. Commence alors pour elle un long pèlerinage. Sa quête de vérité, aux côtés des grand-mères de la Place de Mai, à Buenos Aires. Aujourd’hui, Sara Mendez est en Europe, pour apporter son témoignage. Elle sera reçue prochainement par le juge espagnol Garzon, puis par le Parlement européen, à Strasbourg, avant de regagner l’Uruguay, et de saisir une nouvelle fois la justice. (apic/pr)



