La situation en Terre Sainte préoccupe le Saint-Siège

Encadré 1

«La situation en Terre Sainte semble être arrivée ces derniers jours à un profond niveau d’inhumanité où plus rien n’est respecté», affirme Mgr Pietro Sambi, nonce apostolique en Israël et délégué apostolique pour les territoires palestiniens, dans un entretien au quotidien italien «Avvenire», le 30 mars. «L’Osservatore Romano» et la radio vaticane font également part de la préoccupation du Saint-Siège face à la dégradation de la situation en Terre Sainte.

«La furie homicidaire se déchaîne non seulement contre les symboles d’un pouvoir considéré comme ennemi, mais contre les gens ignorants et innocents présents dans des cafés, mangeant des pizzas ou voyageant en autobus», déclare Mgr Sambi, déplorant en particulier que «la brutalité ne s’arrête même pas envers les nouveaux-nés, les femmes enceintes ou les ambulances qui transportent les blessés».

Interrogé par ailleurs sur l’issue du conflit, le nonce apostolique rappelle que «si on regarde l’histoire de la Terre Sainte, surtout dans la période la plus récente, on reste surpris par le cumul de souffrances qu’elle a dû subir. Mais nous ne devons pas oublier que, pour le croyant, la résurrection n’est pas un désir mais une réalité, et ceci nous permet de ne pas tomber dans le désespoir, même si tout autour de nous devient obscur».

Mgr Sabbah appelle «le plus fort» à changer d’attitude

Sur les ondes de Radio Vatican, Mgr Michel Sabbah, patriarche latin de Jérusalem, a lancé pour sa part un appel aux responsables israéliens, le 30 mars, «parce qu’ils ont en main la clef de la paix». «Ce qui est en train d’arriver est une autre violence inutile et ici, la situation restera telle quelle et nous passerons de manière interminable d’une violence à l’autre», a-t-il déclaré. «Le plus fort, c’est-à-dire le gouvernement israélien, a ajouté le prélat, doit changer d’attitude, il doit se demander comment construire une paix véritable». En conclusion, le patriarche a accusé la communauté internationale pour son silence, dénonçant plus particulièrement «ceux qui n’ont pas le courage de se bouger pour mettre en pratique les décisions de l’ONU déjà prises».

Enfin, dans son édition du jour de Pâques, «L’Osservatore Romano», le quotidien du Vatican, écrit en première page «un cri de paix se lève pour la Terre Sainte. Face à celui-ci, personne ne peut fuir». Faisant allusion à la prière de Jean Paul II pour la paix à Jérusalem, le vendredi saint à l’occasion du chemin de croix au Colisée, le journal affirme que «cette invocation impose un sérieux examen de conscience de la part de ceux, aux différents niveaux, qui sont politiquement responsables du sort de cette région martyrisée». «La précipitation rapide de la situation rend nécessaire une intervention immédiate de soutien aux populations, afin que le dialogue substitue les armes et que le courage des paroles prenne le dessus sur la lâcheté des violences aveugles». (apic/imed/bb)

1 avril 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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