Témoignage des sans-papiers
Encadré
Une soixantaine de personnes, dont une moitié de religieuses de diverses congrégations, sont venues écouter jeudi soir le témoignage, parfois pathétique, des sans-papiers. Ainsi le Libanais Ghassan Aziz, qui est venu en Suisse en 1994 pour ses études. Nombre de ses proches sont installés dans le pays depuis 1987, voire naturalisés Suisses. Deux diplômes de l’Institut agricole de Grangeneuve en poche, et des offres de travail de plusieurs employeurs n’ont pas fait plier l’Office cantonal du travail. «J’ai perdu ma mère pendant la guerre, je n’ai plus personne au Liban, mais on me refuse le regroupement familial, car j’ai plus de 18 ans! De plus je fais partie du 3ème cercle des immigrés, hors Union européenne; je ne suis pas un génie, un informaticien de pointe, mais j’avais trouvé du travail et je ne dépendais de personne.»
Silver Krasniqi, du Kosovo, est en Suisse depuis 1995. Il a travaillé en Valais durant 5 ans, au noir, chez des hôteliers et des paysans. «J’ai essayé de mener une vie comme tout le monde, mais je n’ai reçu que des réponses négatives quand j’ai demandé un permis de travail. J’ai essayé d’obtenir un permis avec l’aide d’un avocat, en vain. Il y a parmi nous des gens qui vivent cela depuis 10-15 ans, qui ne savent plus où aller. Ce n’est pas une vie facile; quand on voit la police, on a du stress, et pourtant on n’est pas des criminels. Quand il n’y a plus de perspective, l’occupation de l’église est la dernière solution». D’autres témoignages ont montré l’angoisse des familles, qui craignent à tout instant d’être interpellées par la police et renvoyées chez elles. (apic/be)



