Témoignages sur place, à Astana
Encadré
Natalia, une ravissante blonde aux yeux bleus de 26 ans est médecin. Elle s’occupe d’un dispensaire pour enfants à Astana. Protestante, elle est venue à la messe par curiosité, pour découvrir un peu qui est le pape, mais aussi pour montrer que «les chrétiens doivent être unis ou tendre vers l’unité». Montrant quelques enfants qu’elle a emmenés avec elle, Natalia a insisté sur l’aspect de la fraternité, «nous sommes tous une même famille et nous devons, tous ensemble, prier pour la paix dans le monde».
A ses côtés se trouve Bagdat, et cette femme d’une cinquantaine d’années a un visage asiatique marqué par une vie apparemment difficile. Musulmane et mère de 5 enfants, elle est venue ici parce qu’elle croit en Allah, «le Dieu unique de tout les croyants». «Croire en Dieu est une grande force, a-t-elle affirmé avec un sourire, et je suis venue pour la paix entre les frères et remercier ce pape qui est venu lui aussi nous parler de la paix». A l’évocation des fondamentalistes musulmans, Bagdat s’est rembruni et a affirmé avec force, «il faut prier pour eux, prier pour qu’ils retrouvent la foi. Parce que s’ils croyaient en Dieu, ils ne tueraient pas leurs frères».
«Moi, je suis venue par curiosité», a affirmé Rajimjan, un homme d’une quarantaine d’années, lui aussi de type kazakh. «Je n’ai pas d’attente particulière liée à cette visite. Je pense juste qu’après, le pays sera peut-être plus uni et que cet homme de paix aura réussi à faire passer un message en ce sens».
Un peu plus loin, à une très bonne place, une grand-mère Kazakh de 70 ans, Jhamilia Jhamyspaï, arbore avec fierté ses médailles du parti-communiste, obtenues il y a trente ans car, a-t-elle affirmé d’une voix assurée, «j’ai été très engagée dans l’organisation de la vie des citoyens dans cette ville. Et aussi parce que j’ai eu 13 enfants».
A ses côté, Saouli, l’un de ses 43 petits-enfants a essayé de suivre sans trop de succès les chants de la foule. «Nous sommes musulmans, a affirmé sa grand-mère, et nous sommes tous très heureux que le pape soit finalement venu. Il faut aussi remercier l’état, a-t-elle poursuivi, il a beaucoup fait pour permettre cette visite. Je regrette pourtant le régime communiste, nous étions alors bien mieux lotis. On parle de toute les souffrances que Staline a causées, c’est sûr, mais bon, maintenant, les jeunes, qu’est ce qu’ils ont comme avenir ?»
Yulia, une petite-fille de déportés russes, baptisée dans l’Eglise orthodoxe, mais qui a fait sa première communion avec les catholiques, a tenté d’expliquer la situation. «Mes grands-parents réagissent de la même manière, et pourtant ils ont été plantés dans la steppes, en plein automne, avec deux valises, un peu d’argent et la force de leurs bras pour creuser des trous et se protéger très vite du froid. Pourtant, ils ont du mal à condamner le parti communiste. Ils ont survécu, c’est ce qu’ils retiennent». (apic/imed/bb)



