Rencontre avec le patriarche de Cilicie des arméniens catholiques, Nersès Bédros XIX

Encadré

Avec sa coiffe ronde et non pointue, le patriarche de Cilicie des arméniens catholiques, Nersès Bédros XIX, se distingue de ses «frères arméniens apostoliques». Il suit le visite de Jean Paul II mais «n’a pas été impliqué dans la préparation». Si on lui pose la question de l’évolution de Karekin II qui, avant de devenir catholicos n’avait pas la réputation d’être proche de Rome, il affirme «qu’il a tout d’abord reçu une grâce d’Etat et qu’ensuite, il a aussi reçu des recommandations du président de la république que le pape a lui-même rencontré».

«Il est vrai, a poursuivi le patriarche, que sa venue à Rome en novembre 2000 et le don d’une relique de saint Grégoire l’illuminateur a aussi rapproché les deux hommes». Pour Nersès Bédros XIX, «la visite de Jean Paul II n’est absolument pas pastorale, il ne vient que pour les cérémonies du 1700ème anniversaire. Le pape a cependant bien fait de parler à l’aéroport de l’appartenance du pays au Conseil de l’Europe». Pour le patriarche catholique, «cela va inciter les dirigeants à se mettre au pas du respect des droits de l’homme et du rejet de la mafia. Ce sont des mots d’orientations, c’est essentiel et cela va marquer le pays».

Suprématie

Quant à la relation entre les deux Eglises, le patriarche affirme que dans ce pays, «les catholiques sentent très fortement la suprématie de l’Eglise arménienne qui est proche du pouvoir. Ils ne peuvent pas, par exemple, construire des églises comme ils le souhaiteraient. Je crois, a-t-il affirmé enfin au petit groupe de journalistes, qu’ils préféreraient que l’on n’existe pas et quant à un retour du Liban ­ où se trouve le patriarcat – à l’Arménie, c’est un rêve qui ne se réalisera pas». Interrogé sur le fait qu’il y ait très peu de monde dans la rue, le patriarche a expliqué que le gouvernement a bloqué l’accès aux cérémonies, par sécurité, mais aussi que, selon les habitants, une rencontre entre des chefs religieux, «est une affaire de chefs religieux et regarde surtout les autorités des Eglises». (apic/imed/sdr/pr)

27 septembre 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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