Un cycle global de négociations visant de nouvelles libéralisations

Encadré

Du 9 au 13 novembre, la quatrième conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) se tiendra au Qatar. Il y a deux ans, à Seattle, la tentative des pays industrialisés de lancer un cycle global de négociations visant de nouvelles libéralisations commerciales avait fait long feu. Malgré cet échec, et en dépit de l’opposition farouche de la plupart des pays en développement, c’est-à-dire de la majorité des membres de l’OMC, la Suisse et les autres pays industrialisés montrent aujourd’hui une ferme intention de faire démarrer au Qatar une nouvelle vague de libéralisations, affirme la «Coordination Suisse-OMC», qui regroupe des organisations comme la Communauté de travail Swissaid/Action de Carême/Pain pour le prochain/Helvetas/Caritas, la Déclaration de Berne (DdB), l’Union suisse des paysans, et Uniterre, l’ancienne Union des producteurs suisses (UPS), l’Union Syndicale Suisse (USS), Pro Natura.

Toutes ces organisations affirment que le nouveau cycle de libéralisations a un seul objectif : offrir de nouveaux marchés aux entreprises transnationales. Pour les anti-OMC, le Secrétariat d’Etat à l’économie (seco) à Berne a «unilatéralement élaboré, dans ce sens, les bases d’un mandat de négociations pour la délégation suisse», sur lequel le Conseil fédéral doit se prononcer mercredi.

La Coordination a critiqué la position suisse face à la question de la protection des brevets par l’OMC (Accord TRIPS). Les pays en développement exigeront notamment, au Qatar, une déclaration affirmant que la défense de la santé publique prime sur une protection stricte des brevets, comme l’a annoncé Marianne Hochuli de la Déclaration de Berne (DdB). Mais, la Suisse s’élève contre tout assouplissement du régime de protection des brevets pour préserver son industrie pharmaceutique, ce qui contraste avec les objectifs définis par la politique de développement qui est celle de la Suisse. Miriam Behrens, de Pro Natura, a préconisé de faire primer la défense de l’environnement sur les règles commerciales. Tout en concédant que la Suisse s’engage au sein de l’OMC pour défendre l’environnement, M. Behrens a fait remarquer que cette position se heurtait souvent aux intérêts purement économiques défendus par notre pays.

Bastienne Joerchel Anhorn, de la Communauté de travail des œuvres d’entraide, a relevé que l’OMC n’a pas fait beaucoup de progrès depuis Seattle en termes de transparence et de démocratie. Dans la préparation de Qatar, les pays en développement auraient fait l’objet de pressions par le biais de méthodes souvent cavalières, afin qu’ils acceptent un nouveau cycle de libéralisations. Au sein même de l’OMC, des pratiques peu démocratiques telles que celle des «green rooms», où les pays pauvres sont totalement sous-représentés, n’ont pas cessé d’avoir cours. (apic/com/be)

29 octobre 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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