Des racines économiques et politiques au conflit
Encadré
La décision de l’Etat d’Erythrée, en 1997, d’introduire sa propre monnaie, le «nakfa», pour établir sa souveraineté financière, a fait monter la tension avec la République démocratique fédérale d’Ethiopie. Les deux pays, à la fin de la guerre contre le régime de Mengistu, en 1991, et suite au référendum confirmant l’indépendance de l’Erythrée en 1993, avaient convenu d’établir un système de libre-échange entre eux. L’Ethiopie, sans accès à la Mer Rouge, disposait d’un libre accès aux ports devenus érythréens.
La disparition de l’union monétaire matérialisa la «frontière» entre le Tigré et l’Erythrée, dans une région où les populations sont de même origine et les familles mélangées. La volonté éthiopienne d’effectuer désormais les échanges en dollars renchérissait pour les importateurs éthiopiens l’usage des ports de Massawa et Assab et, pour les Erythréens, le coût de leurs approvisionnement alimentaire en Ethiopie.
Les raisons de politique intérieure ne sont pas absentes, car le pouvoir en place à Addis-Abeba est divisé. Monopolisé par le Front populaire de libération du Tigré (FPLT), il se heurte en outre à de fortes oppositions. Groupe ethnique minoritaire (7 % de la population éthiopienne, qui comprend quelque 80 ethnies parlant plus de 290 langues différentes), les Tigréens ont du mal à se maintenir à Addis-Abeba où ils sont en butte à l’hostilité d’une partie de la population et des élites. (apic/be)




