Une vision traditionnelle qui marque encore la Suisse
Encadré
«Le mari pourvoit seul à l’entretien de la famille». «La femme ne peut exercer une activité professionnelle qu’avec le consentement de son mari». Ces deux affirmations extraites du droit du mariage de 1907 étaient encore en vigueur, du moins officiellement, en 1988, au moment où une nouvelle version institue l’égalité du droit des époux dans le domaine professionnel. «Mais le modèle familial traditionnel reste en Suisse un mythe fort», a lancé l’anthropologue Fenneke Reysoo, de l’Institut d’études du développement de Genève.
Pour elle, il n’est pas encore question de souligner que la flexibilisation des rapports de travail permet aux femmes de mieux se lancer dans le marché de l’emploi. Dans notre système actuel, le travail à temps partiel demeure un bastion féminin. Plus de la moitié de celles qui exercent une activité professionnelle ne le font pas à plein temps, alors que 93% des hommes dits «actifs» le sont à 100%. «La flexibilité est avant tout un instrument au service du patronat, afin de maximaliser le bénéfice des entreprises. Elle permet au patronat d’engager, dans le cadre du temps partiel, des femmes à des conditions avantageuses, sans garantie des droits de base», affirme l’anthropologue.
Et de souligner que la flexibilisation pourrait pourtant conduire à une société plus équitable pour les femmes et les hommes. Mais à certaines conditions et au prix de certains aménagements sociaux: horaires adaptés aux rythmes scolaires, transports publics plus performants, ouvertures des magasins en dehors des heures de bureau, …. . (apic/bb)



