Le président de la SCR justifie sa décision
Encadré
«Le Courrier» tel qu’il est rédigé actuellement ne répond pas à l’attente
de tous les catholiques. Il n’y avait pas d’ouverture possible, d’universalité dans le fond du message», se défend Jean-Luc Ducret, président de la
Société catholique romaine. Qui admet qu’une solution avait pourtant été
trouvée en Commission. «Il est vrai que l’on a désigné une commission mixte, composé des représentants de la Société catholique-romaine, du Conseil
exécutif et du «Courrier» pour examiner la situation. Cette comission est
parvenue à la conclusion qu’effectivement le soutien au «Courrier» s’imposait. Et elle suggérait dans le fond de maintenir la subvention de 250’000
francs. Ce que l’assemblée a accepté. Mais il est bien vite apparu que dans
le débat les problèmes financiers avaient été complètement ignorés.
La décision prise mercredi ne risque-t-elle pas de provoquer la grogne
et de freiner les contributions ecclésiastiques, en baisse continuelle?
«Bien sûr, c’est un pari», rétorque J.-Luc Ducret, qui admet qu’une partie
de la SCR veut effectivement la tête de Patrice Mugny: «Oui… la tête,
c’est vulgairement dit. La sensibilité du rédacteur en chef est trop partisane à l’analyse de l’Assemblée générale pour pouvoir espérer une évolution
du «Courrier».
Jean-Luc Ducret réfute l’idée selon laquelle la SCR s’est substituée à
l’autorité pastorale pour sanctionner la ligne du journal. «La décision de
l’assemblée est une décision tout à fait démocratique, conformément aux
statuts. On doit élaborer un budget. Et ce budget se fait dans le cadre des
priorités à donner à certains aspects. On observe qu’il y a beaucoup de
catholiques qui ne soutiennent plus l’Eglise, parce qu’il y a «le Courrier». Alors on se demande pourquoi? La décision ne date pas d’hier soir,
mais d’une réflexion veille de 7 ans, qui a abouti sur ce constat: si on
continue de ronronner, il ne se passera rien. On spécule sur un électrochoc. On verra bien. On fera le constat dans un an ou deux. Pour voir si on
a ou non totalement échoué. Si le «Courrier» s’édite plus, ou bien au contraire la décion de mercredi a redonné un dynanisme»
Une sorte de pari, en quelque sorte, avec le risque de le perdre, donc?
«Tout à fait. C’est bien clair. Reste que si on écoute les gens du «Courrier» on a l’impression qu’ils sont les seuls à pouvoir animer un quotidien. Or j’imagine qu’il y a d’autres gens susceptibles de faire ce travail
d’animation et de direction. Nul n’est irremplaçable. Je crois volontiers à
la qualité professionnelle de Monsieur Mugny et de son équipe, mais je ne
suis pas certain qu’ils sont les seuls». (apic/pr)



