Des fonds en provenance des associations caritatives musulmanes

Encadré

Quant aux richissimes associations caritatives de ce pays, on les soupçonne de véhiculer des fonds à des mouvements subversifs, mais aussi de jouer sur un autre plan un rôle caritatif, en venant en aide aux populations déshéritées du monde musulman, en finançant notamment l’édification d’infrastructures d’intérêt public. Pour certain observateurs africains toutefois, il ne fait pas de doute que des fonds sont vraisemblablement détournés au profit de causes inavouables.

Avec l’aval des Etats-Unis

Les islamistes, écrivait Yves Lacoste, géographe, directeur de la revue «Hérodote», doivent une grande partie de l’influence qu’ils exercent dans l’ensemble des pays musulmans aux moyens financiers que leur donne la dynastie saoudienne depuis l’époque où il lui importait de contrer les thèses nassériennes de l’unité arabe par l’exaltation d’un projet plus flou et plus lointain, donc moins dangereux, celui de l’unification de tous les musulmans. «D’où le financement par l’Arabie Saoudite des mouvements fondamentalistes (…) amorcé dans les années 70 (…) avec l’aval des Etats-Unis, pour lesquels il s’agissait d’un antidote à la subversion communiste».

Depuis les années 70, le rôle de l’Arabie Saoudite dans le développement de l’islamisme international est en effet considérable. La quasi totalité des réseaux islamistes implantés au Proche-Orient (y compris le Hamas palestinien, et le Jamaa Islamiya égyptien), en Afrique et en Occident, ont été financés par l’Arabie Saoudite ainsi que par le biais des institutions islamiques internationales qu’elle contrôle: l’Organisation de la Conférence Islamique, créée en 1970 (OCI); la Ligue islamique mondiale (ONG aux objectifs culturels et missionnaires créée en 1962); et surtout les holdings et banques saoudiennes tels les groupes Fayçal Islamic Bank, Dar al-Mal al-islam, Dellah al-Baraka.

Le FIS ( le Front islamique du salut) lui-même ne fut pas le dernier à bénéficier de l’aide massive de l’Arabie Saoudite. Le chef politique du mouvement algérien, Abassi Madani, rendait visite aux pays du Golfe à chaque épreuve politique, et il en rapportait des chèques libellés en millions de dollars. Quant à Alexandre del Valle, géo-politicien parisien, il s’interroge. Et se demande pourquoi les Etats-Unis dénoncent avec tant de véhémence le terrorisme iranien alors qu’ils savent pertinemment que les Saoudiens détiennent une part plus élevée que les Iraniens dans la promotion de l’islam sunnite? (apic/ibc/an/pr)

20 février 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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