Vertigineuse prolifération et influence grandissante
Encadré
Véritable phénomène de société, la prolifération des sectes en Afrique pose aujourd’hui un problème de sécurité publique. Tolérées au nom de la liberté de culte, elles ont atteint dans le continent un niveau élevé de danger face auquel les gouvernements n’ont pas encore pris les mesures qui s’imposent.
Au Cameroun, au Cabon et au Togo, de nombreuses voix se sont élevées ces derniers jours pour dénoncer les exactions ou pratiquent néfastes des sectes religieuses sur la société. L’une de ces nouvelles religions, la secte de Mala a d’ailleurs été interdite la semaine dernière au Cameroun, après le meurtre d’une fille de six ans par sa propre maman, lors d’une cérémonie rituelle.
Dans de nombreux pays du continent où elles ont pignons sur rue, les sectes religieuses interviennent directement dans la vie politique nationale. Cette intrusion commence par des actions caritatives, surtout dans le domaine de la santé que les Etats, faute de moyens suffisants éprouvent des difficultés à satisfaire. Ce partenariat abouti souvent à des missions officielles de dirigeants africains au siège des sectes, souvent par des voies détournées, sans toutefois qu’ils s’en rendent compte. Puis, les sectes parviennent à entrer dans le jeu politique, en soutenant publiquement des candidats, lors d’élections.
Dans beaucoup de pays africains, les sectes sont maintenant de véritables groupes de pressions, capables d’influencer sur les décisions au plus haut sommet des états. Elles obtiennent pour leurs fidèles, des postes de responsabilités dans les administrations, tels que ceux de ministres, directeurs généraux. C’est alors la voie ouverte à l’obtention de marchés pour leurs membres, dans les projets de réalisation d’infrastructures socio- communautaires. Ainsi, pour accéder aux emplois créés dans ce cadre, il faudra appartenir au cercle ou bénéficier du parrainage de ses membres influents. Au Bénin par exemple, les sectes ont réussi à faire accepter au gouvernement un vaste projet de construction d’un nouvel aéroport et d’autres infrastructures de développement, dans un village situé à environ 40 km de Cotonou. (apic/ibc/pr)




