Polémique

Encadré

Pour le prêtre catholique Manuel Olimon Nolasco, professeur d’histoire à l’Université pontificale, l’image de la Vierge de Guadalupe «a été peinte à la main sur la cape de Juan Diego, et non imprimée de manière divine, comme le dit le Vatican».

Les visions de Juan Diego, un paysan autochtone, un noble pour certains, selon les versions attribuées à l’histoire, ont eu un rôle important dans la conversion de millions de Mexicains au catholicisme, religion de l’occupant espagnol. En 1986, le Vatican a approuvé la béatification de Diego, une étape vers la canonisation.

Plusieurs historiens de l’Eglise ont pendant longtemps émis des doutes, mais jusqu’à récemment le débat était resté limité à un certain cercle. Le livre écrit récemment par Olimon Nolasco a permis de rendre publique pour la première fois une série de lettres que lui-même et d’autres sceptiques ont adressé au cours des vingt ans passés aux représentants du Vatican.

Lorsque le Vatican a commencé l’enquête en vue de la canonisation de Diego, plusieurs prêtres ont déploré que Rome ignore les preuves qui n’étaient pas favorables. «Les gens chargés de ce travail étaient tout à fait partiaux sur l’authenticité historique de Juan Diego», ont écrit aux représentants du Vatican les prêtres qui ont regretté que les enquêteurs officiels n’aient jamais consulté les historiens ayant un point de vue différent du leurs, et n’aient écouté que des «personnes très dévotes» ayant présenté des arguments sans grande honnêteté intellectuelle, avec une piété exagérée et peu convaincante».

Dans une autre lettre, les prêtres déplorent que l’incapacité du Vatican à enquêter de façon adéquate sur l’existence de Diego «mette en doute la crédibilité et le prestige de notre Eglise, à laquelle nous appartenons et que nous aimons en tant que catholiques».

Une version des faits que déplorent l’archevêque de Mexico, le cardinal Norberto Rivera Carrera, qui, à travers un autre livre, dit ne pas en vouloir à ceux qui doutent de l’ existence de Uan Diego. «Je comprends et j’ai pitié de tous mes frères qui ne partagent pas cette croyance, je les plains de ne pas pouvoir apprécier quelque chose de si beau, de si merveilleux». (apic/pr)

17 juillet 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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