Le Ciao: Une éthique rigoureuse
Encadré
site romand Ciao, qui existe depuis six ans, est pionnier en Europe, Il reçoit 20’000 visites d’internautes par mois. Ciao est consulté aujourd’hui par des sites français et belge qui veulent s’en inspirer. Un site alémanique lancé sur le même principe, «Tschau», moins réussi, selon Sonia Rihs, fonctionne en Suisse alémanique, mais sans Ciao, qui a «repris ses billes».
Ciao est financé par 17 partenaires institutionnels dont les départements de la santé publique des cantons romands et de Berne francophone, par La dîme de l’alcool des cantons romands, par l’Office fédéral de la santé publique. A la tête de Ciao, deux femmes, Sonia Rihs, psychologue, directrice de Ciao, et la responsable du site, Béatrice Salla.
Les principes du site: pas de jugement de valeur, viser à encourager des conduites responsables auprès des jeunes, pas d’idéologie ni de prosélytisme. Une charte et une Commission d’éthique règlent ses conditions d’utilisation. Toutes les données personnelles sont effacées et Ciao ne permet pas la mise en relation de jeunes entre eux, pour garantir l’anonymat. «Chaque message est validé par nous», précise la directrice de Ciao. Même les adresses Internet proposées par les utilisateurs sont vérifiées.
Si une question trop personnelle ou au contenu violent ne peut être déposée sur le site, une relation privée s’instaure entre le répondant et le jeune, qui doit alors entrer un nom de code sur une boîte de réception, utilisable par lui seul. (vb)
Bethléem: Arafat renonce à taxer les télévisions pour retransmettre les fêtes de Noël
La décision avait soulevé un tollé parmi les TV étrangères
Bethléem, 23 décembre 2003 (Apic) Le président palestinien Yasser Arafat renonce à taxer les télévisions étrangères pour retransmettre les fêtes de Noël dans la ville sainte de Bethléem, suivies par des millions de téléspectateurs dans le monde entier. Face au tollé soulevé par la proposition de l’Autorité palestinienne à Ramallah d’exiger entre 1’500 et 2’500 dollars américains par équipe de TV, la décision a été annulée, selon un porte-parole de la municipalité de Bethléem.
Interrogé lundi par les journalistes, le patriarche latin de Jérusalem, Mgr Michel Sabbah, avait dit tout ignorer de cette nouvelle exigence financière de l’Autorité palestinienne. Il a cependant précisé que les célébrations auront lieu cette année comme prévu. Ces derniers jours, Ali Abu Rian, numéro 2 de l’Autorité de radiodiffusion palestinienne, avait envoyé une lettre aux télévisions arabes et internationales ainsi qu’aux réseaux de TV par satellite les avertissant de l’obligation de payer pour diffuser des images de Noël de la zone proche de la Basilique de la Nativité à Bethléem.
Pas de marchandage autour des célébrations chrétiennes
Les fêtes de Noël célébrées les 24-25 décembre par les catholiques, les protestants et autres chrétiens occidentaux, les 6-7 janvier par les orthodoxes et les 17-18 janvier pour les Arméniens, étaient concernées, rapporte la presse israélienne.
Le prix de la retransmission de la messe de minuit pour les télévisions étrangères avait été fixé à chaque fois à 2’000 dollars. Les centaines de journalistes de la presse écrite et de simples photographes n’auraient pas dû payer pour couvrir les cérémonies.
Auparavant, seules les images de la cérémonie à l’intérieur de la Basilique, à laquelle participait le président Arafat, étaient payantes, tandis que cette année, l’Autorité palestinienne voulait faire payer également les équipes filmant à l’extérieur, dans la zone de la place de la crèche, la fameuse «Manger Square». Des milieux chrétiens ont protesté en début de semaine contre ce «marchandage» autour des fêtes chrétiennes, dont les cérémonies devraient être accessibles gratuitement pour chaque chrétien.
Bethléem: une économie dévastée; Arafat interdit de Noël à la Basilique de la Nativité
Alors que l’on espère un léger retour des touristes à Bethléem, encerclée par les murs et les barrages de l’occupant israélien, l’économie locale est dévastée. On compte quelque 60% de chômage dans le secteur du tourisme, selon le ministre palestinien du tourisme Mitri Abu Aita. De nombreux hôtels, restaurants, ateliers d’artisanat, boutiques et agences de voyages n’ont plus de clientèle. La plupart des Palestiniens de Jérusalem ou de Jéricho se voient également interdire l’entrée de Bethléem.
Le ministre palestinien a encore dénoncé le fait que pour la troisième année consécutive, le président Arafat ne pourra se déplacer dans la ville de la Nativité en raison de l’interdiction de circuler que lui impose l’occupant israélien. Il semble que le chef de l’Autorité palestinienne n’ait même pas fait de demande officielle aux Israéliens, car une telle demande lui avait été refusée en 2002.
Mitri Abu Aita, soulignant que le tourisme peut contribuer à une meilleure compréhension des peuples en Terre Sainte, a renouvelé son appel aux pèlerins et touristes étrangers, assurant que Bethléem est «une ville calme et sûre». JB
Encadré
Bethléem: L’Hôpital des enfants Caritas inaccessible aux malades des territoires occupés
Si le ministre palestinien du tourisme Mitri Abu Aita invite les pèlerins à se rendre dans la ville de la Nativité – «une ville calme et sûre» – , encore faut-il pouvoir l’atteindre: ainsi, cette année, le Caritas Baby Hospital, l’hôpital des enfants de Bethléem soutenu par les chrétiens de Suisse et le seul de ce genre accessible aux Palestiniens des territoires occupés, ne peut recevoir que peu de monde. Alors que Hébron n’est distante que d’une trentaine de kilomètres, le nombre d’enfants venant de cette ville a baissé de 50%, révèle Klaus Röllin, en charge à Lucerne de l’organisation «Bethléem Secours aux Enfants», qui finance le Caritas Baby Hospital. Les jeunes patients venant de Ramallah, Naplouse ou de Gaza n’ont pas pu venir se faire soigner. Röllin met en cause la limitation de la liberté de mouvement imposée par l’occupant israélien, qui aggrave les conditions sanitaires déjà plus que précaires d’une population rendue économiquement exsangue.
A l’heure actuelle, alors que l’hiver devient plus rude, les 82 lits de l’hôpital des enfants sont quasiment toujours occupés par les enfants malades. 150 mères viennent consulter chaque jour l’équipe médicale du Caritas Baby Hospital, mais en raison des barrages, elles viennent quasiment toutes de l’agglomération de Bethléem. «Nous ne pouvons qu’imaginer ce qui se passe dans les villages éloignés, ce qui nous cause de graves soucis», souligne le Lucernois Klaus Röllin. (apic/com/kann/haar/be)



