Matteo Ricci, pionnier du dialogue
Encadré n°2
Chercher à évangéliser sans détruire des pratiques qui ne sont pas contraires à l’Evangile : tel était l’objectif du Jésuite italien Matteo Ricci (1552-1610), l’un des premiers missionnaires à pénétrer en Chine au XVIème siècle. «Il élabora la terminologie chinoise de la théologie et de la liturgie catholique, créant ainsi les conditions pour faire connaître le Christ et incarner son message évangélique et l’Eglise dans le contexte de la culture chinoise», écrit Jean-Paul II dans son message publié le 24 octobre, rappelant que le père Matteo Ricci est appelé depuis quatre siècles par les Chinois ’le sage d’Occident’.
L’attitude conciliante du Jésuite envers les cultes traditionnels chinois et son travail d’adaptation à la culture de ce peuple, en ont fait un pionnier dans les relations entre la Chine où il est arrivé en 1583 – et l’Occident.
Jean-Paul II avait proposé le Père Ricci, comme promoteur d’un dialogue «interculturel profond et respectueux», le 2 octobre 2000, au lendemain de la canonisation de 120 martyrs chinois. La phase diocésaine du procès de béatification du jésuite est elle-même en cours dans le diocèse italien de Macerata depuis 1984.
Procès de béatification bloqué par la Chine
Interrogé par I’agence APIC le 24 octobre, le postulateur de la cause, le Père Paolo Molinari, Jésuite, a affirmé que ce procès «est bloqué depuis que nous avons eu besoin de recueillir tous les documents concernant Matteo Ricci présents sur le territoire chinois». «Nous ne pouvons pas demander des archives à un gouvernement communiste sous prétexte de vouloir déclarer ’homme de Dieu’ quelqu’un qu’il refuse de considérer comme prêtre catholique». Pour Paolo Molinari, «même si Matteo Ricci permet un dialogue même fragile entre Rome et Pékin, cela ne suffira pas à établir des relations diplomatiques». (apic/imed/bb)



