A Porto Alegre, les citoyens participent
Encadrés
Fierté de Porto Alegre, capitale de l’Etat de Rio Grande do Sul, devenue un «laboratoire social» depuis l’arrivée au pouvoir il y a 12 ans d’une équipe municipale du Parti des Travailleurs (PT), «l’Orçamento participativo» (budget participatif/OP) veut associer la population à la base aux décisions des autorités locales et assurer la transparence de la gestion publique. C’est tout le tissu associatif qui est sollicité dans la ville découpée en 16 secteurs: associations de quartier, communautés ecclésiales, organisations populaires, qui désignent les délégués. Dans une seconde étape sont élus les membres du Conseil de l’;OP.
A Porto Alegre, ville de plus de 1,3 million d’habitants, près de 40’000 personnes ont ainsi participé, au cours de nombreuses séances dans les quartiers et les communautés, à l’élaboration du Plan d’investissements et services pour l’année budgétaire en cours. Le législatif de la ville, qui ne compte que 33 «vereadores» ou conseillers municipaux, reste cependant l’organe qui vote le budget. Il peut cependant difficilement faire fi de la mobilisation à la base.
L’»Orçamento participativo» a été introduit, il y a deux ans, dans l’ensemble de l’Etat de Rio Grande do Sul, après la victoire électorale du Parti des Travailleurs (PT). Malgré les objections des autorités fédérales à Brasilia, le projet de «budget participatif» fait son chemin: recettes et dépenses de l’exercice de cet Etat de 282’000 km2 et de 10 millions d’habitants ont été discutées dans l’ensemble des 22 régions et des 497 municipalités.
Il a en résulté des centaines d’assemblées budgétaires et de réunions thématiques. La première édition dans les 497 municipalités de l’Etat a vu la participation de 190’000 personnes, la deuxième de plus de 280’000.
Une expérience unique au Brésil
Cette combinaison de démocratie représentative et de démocratie participative, née dans un contexte de luttes populaires, reste pour le moment une expérience unique au Brésil, un pays caractérisé historiquement par un pouvoir autoritaire et très centralisé. D’autres municipalités et Etats conquis par le PT lors des élections, comme la ville de Sao Paulo, étudient les moyens de mettre en oeuvre la participation populaire, qui trouve notamment sa base légale dans la Constitution brésilienne. (apic/be/pr)




