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Enlèvements de religieux au Nigeria: l’Eglise ne payera pas de rançon

Dans un entretien accordé à la fondation Aide à l’Eglise en détresse, Mgr Ignatius Ayau Kaigama, archevêque d’Abuja, la capitale du Nigeria, a réitéré le refus de l’Eglise catholique de payer des rançons pour les enlèvements de prêtres et de religieux.

L’Eglise catholique nigériane ne paiera pas de rançon pour les enlèvements de prêtres et de religieux, a confirmé Mgr Ignatius Ayau Kaigama, alors que la recrudescence de cette pratique inquiète dans ce pays d’Afrique de l’Ouest. Dans un entretien accordé à la fondation Aide à l’Eglise en détresse (AED), l’archevêque d’Abuja confirme cette option déjà affichée par l’Eglise nigériane depuis quelques années. «Nous, évêques du Nigeria, avons approuvé à l’unanimité en Conférence épiscopale et avons clairement indiqué que nous ne payions pas de rançons, a-t-il expliqué. Lorsqu’un prêtre est enlevé, il indique clairement que son Eglise ne paie pas de rançon».

Aux yeux des évêques du Nigeria, «payer une rançon, c’est mettre chaque personne en danger, en faire un objet de négoce potentiel». «Cela mettrait en danger tous les prêtres, les religieuses et collaborateurs de l’Église qui se déplacent continuellement entre les villages, sans jouir d’aucun confort, mais en étant toujours prêts à se sacrifier pour l’amour de Dieu et de son peuple, car cela encourage la criminalité et invite les ravisseurs à faire encore plus de mal , a encore commenté Mgr Kaigama.

Enlèvements

Ces dernières semaines, on observe une recrudescence des enlèvements de prêtres au Nigeria symptomatiques d’une insécurité généralisée. Le 15 janvier, le Père John Gbakaan, prêtre du diocèse de Minna, dans l’Etat fédéré du Niger (centre-ouest), a été retrouvé quelques heures après son enlèvement. Les ravisseurs qui avaient demandé une rançon l’ont mis à mort avant d’avoir entamé les négociations avec son diocèse.

Cet assassinat intervenait trois semaines après l’enlèvement de l’évêque auxiliaire d’Owerri (sud-est), Mgr Moses Chikwe, qui avait été libéré le 1er janvier dans la soirée. Une semaine avant lui, le Père Valentin Oluchukwu Ezeagu, prêtre du diocèse d’Imo (sud), avait été enlevé puis libéré. Le 21 novembre, le Père Mathew Dajo, du diocèse d’Abuja, avait aussi été enlevé puis libéré le 2 décembre. (cath.ch/lcx/afp/sn/cp)

Mgr Ignatius Kaigama, archevêque d’Abuja, a confirmé que l’Eglise catholique nigériane ne paiera pas de rançon pour les enlèvements de religieux | © AED, Aide à l'Eglise en Détresse
1 février 2021 | 14:35
par Carole Pirker
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