Afrique : Célébration de la journée internationale de la femme

Entre manifestations et revendications

Dakar, 9 mars 2010 (Apic) Célébrations festives et revendications ont marqué la journée internationale de la femme en Afrique. Le continent s’est joint au reste du monde pour célébrer, le 8 mars, la Journée internationale de la femme. Un peu partout à travers les pays, les gouvernements et les organisations de femmes ou de défense des droits de la femme, se sont mobilisés pour la circonstance.

Des chefs d’Etat ou ministres en charge des questions de femme ont adressé des messages publics, faisant le bilan de leurs actions en faveur de la femme. Des organisations luttant pour le bien-être des femmes ont organisé des manifestations diverses, telles que conférences, expositions.

En Afrique, la journée est célébrée plus dans les villes qu’en milieu rural. Très peu de femmes rurales africaines connaissent encore que le 8 mars de chaque année est dédié à la femme. «La femme rurale reste marginalisée par d’autres femmes qui disent lutter pour l’amélioration des conditions de vie des femmes», a écrit le quotidien camerounais, «Le Messager». «Combien se sont enrichies sur le dos de cette couche vulnérable (la femme rurale) sous le prétexte d’améliorer ses conditions de vie?», s’est interrogé le journal, reflétant un point de vue largement partagé en Afrique. «Lors des cérémonies, ce sont toujours elles qui dansent sous le soleil, des heures durant, pour quelques morceaux de pain et quelques billets de banque qu’on leur jette comme des mendiantes» qui n’espèrent rien d’autre.

En Afrique, les femmes subissent trop souvent encore brimades et humiliations

Dans de nombreux pays d’Afrique, les femmes continuent d’être considérées comme des objets. Dans de nombreux foyers, elles subissent toujours humiliations et brimades. Gifles et insultes font aussi partie du lot de leurs vécu quotidien. Une violence devenue presque banale. La pauvreté et la dépendance économique font aussi partie du mal vivre des africaines.

La violence conjugale interpelle l’Eglise en Ouganda

En Ouganda, le phénomène de la violence conjugale sur les femmes est tel que l’Eglise catholique s’est saisie de la question. En novembre 2009, après avoir dénoncé cette culture de la violence domestique généralisée dans le pays, elle s’est engagée à la combattre à tous les niveaux, jusqu’aux villages. C’est l’archevêque de Kampala, Mgr Cyprian Lwanga, qui a lancé la campagne, menée en partenariat avec le diocèse irlandais de Down et Connor, l’Organisation non gouvernementale irlandaise, Trocaire, et l’ambassade d’Irlande en Ouganda. La durée de la campagne n’a pas été précisée. Dans bien d’autres pays, la situation n’est guère bien meilleure, malgré les nombreuses prises par les gouvernements.

Amélioration au Maroc

Au Maroc où, selon un rapport de 2007, il y a 74% de femmes mariées victimes de violences conjugales, les autorités se félicitent «des avancées remarquables en faveur de la femme» enregistrées depuis une décennie. A la faveur d’un nouveau Code de la Famille, de la nationalité, d’un Fonds d’appui pour la promotion de la représentation des femmes et la levée par le Maroc des réserves sur la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard de la femme, les Marocaines ont conquis plus de libertés. Grâce aussi à la politique de promotion de la femme, le taux d’analphabétisme féminin a baissé de 96% en 1960, à 50,8% en 2009, a souligné le Haut Commissariat au Plan dans un dépliant publié à cette occasion et intitulé «Femmes et Hommes en chiffres 2010», et rapporté par l’agence de presse locale, MAP (Maghreb arabe presse). Le taux de féminisation des lauréats de l’enseignement supérieur universitaire est passé de 42,8% (1999-2000) à 52,3 % en 2007-2008. Ce taux est particulièrement élevé dans certaines filières telles que les sciences de l’éducation (77%), la médecine dentaire (73,3%) ou la médecine et pharmacie (63,6 %).

La femme marocaine représente désormais plus de la moitié de la société, avec 50,7 % en 2009 et une espérance de vie supérieure à l’homme (74.2 contre 71.6 ans).

Augmenter la présence féminine dans les institutions politiques

En Algérie, le président Abdelaziz Bouteflika a salué «les efforts de l’Etat en matière d’émancipation de la femme algérienne». Dans son message traditionnel à l’occasion de la journée du 8 mars, rapporté par le quotidien algérien, « La Tribune », il a insisté sur la nécessité d’augmenter la représentativité féminine dans les institutions politiques, notamment les assemblées élues.

Diffuser les bases des droits de la femme

En Côte-d’Ivoire, selon le quotidien «Fraternité Matin», l’Association nationale des femmes a organisé un séminaire de formation des animateurs de radios de proximité et ceux des Organisations non gouvernementales sur les bases élémentaires des droits de la femme. L’objectif est de vulgariser ce droit jusqu’aux localités les plus reculées pays pour permettre aux femmes de les connaître.

Donner leur place dans les système de sécurité

Au Sénégal, le Centre pour le contrôle démocratique des forces armées de Genève et l’Alliance pour la migration, le leardership et le développement de Dakar ont lancé la publication d’un rapport sur «Genre et sécurité au Sénégal : une intégration à poursuivre». Il s’agit d’une enquête sur l’intégration des femmes dans les systèmes de sécurité du pays : armée, gendarmerie, police, douane, eaux et forêts.

Porter un nouveau regard sur la femme

En Île Maurice, le 8 mars a été l’occasion de regarder la femme avec «un regard neuf, dénué de préjugés». «Qu’il s’agisse de l’évêque du diocèse de Maurice, résolument en faveur de la prêtrise conjuguée au féminin, d’une handicapée physique gagnant fièrement sa vie ou de réflexions sur la condition féminine, le thème du jour, loin d’indifférer, porte sur la différence, celle de la Femme», notamment écrit le quotidien « L’Express » de Port-Louis. (apic/ibc/js)

9 mars 2010 | 15:00
par webmaster@kath.ch
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