Rome: Le cardinal Barbarin évoque le pluralisme religieux en France
Entre peurs et espoirs
Rome, 27 novembre 2012 (Apic) Soyez «ardents et intrépides» dans une société qui, en terme de spiritualité, «crève de soif». L’archevêque de Lyon Philippe Barbarin s’est adressé en ces termes aux chrétiens, lors d’une conférence, le 26 novembre 2012 à Rome, sur «le pluralisme religieux et le sécularisme en France».
Mgr Barbarin a évoqué les espoirs et les peurs qui traversent le dialogue entre croyants dans l’Hexagone. Il a évoqué ses nombreuses expériences avec les fidèles juifs et musulmans. Ecartant la notion de tolérance, jugée «trop triste», il a préféré parler d’amitié ou de fraternité, assurant que le dialogue progressait surtout «grâce à l’admiration».
Le maître mot du dialogue interreligieux, a assuré le cardinal Barbarin, est «miséricorde». Le mot miséricorde a déserté les lèvres des Français. C’est «le terreau essentiel du dialogue interreligieux», a-t-il expliqué, ajoutant que notre société avait «extrêmement besoin de miséricorde».
Le cardinal Barbarin a reconnu la «montée de la violence interreligieuse et interculturelle en France», estimant en particulier que l’antisémitisme s’aggrave. «Les chrétiens ont peur», a-t-il poursuivi. Il a rapporté que l’un de ses prêtres s’était fait cracher dessus dans le métro, parce qu’il arborait une petite croix.
On ne critique pas un rabbin ou un iman
L’archevêque de Lyon est revenu sur le débat autour du ’mariage homosexuel’. Il a assuré que la voix des différentes religions sur cette question était «entendue», reconnaissant cependant un traitement parfois inégal.
«On ne peut pas critiquer un rabbin, car ce serait antisémite. On ne peut pas critiquer un imam car ce serait islamophobe. Tandis qu’il y en a d’autres que l’on ne se prive pas de critiquer», a asséné le prélat. Il a récemment fait les frais d’une forte polémique dans les médias, après avoir laissé entendre que le ’mariage homosexuel’ pouvait ouvrir la voie à la polygamie et à l’inceste.
Le cardinal Barbarin a aussi évoqué «l’attente incroyable» de la jeunesse française en matière de religion. Il a noté qu’il y avait «trois fois plus de jeunes musulmans à la mosquée le vendredi que de catholiques à la messe le dimanche».
«Il est grand temps, urgent et essentiel que nos communautés se convertissent», a encore souhaité l’archevêque de Lyon, actuellement en visite Ad Limina à Rome avec 35 autres évêques du Sud-Est et du Midi de la France. (apic/imedia/ami/rz)



