Washington ferme la porte
Entrée des réfugiées somaliennes excisées aux Etats-Unis
Dakar, 3 octobre 2002 (APIC) Les Etats-Unis refuseront dorénavant d’accepter sur leur sol les familles somaliennes réfugiées qui excisent leurs filles, a rapporté mercredi le correspondant local de la BBC. La pratique de l’excision est très répandue dans les camps de réfugiés somaliens au Kenya. Elle est principalement le fait de la minorité Bantou.
Le porte-parole de l’ambassade des Etats-Unis à Nairobi a qualifié les parents qui excisent leurs filles de «criminels». Il a annoncé que des enquêtes seront menées pour déterminer la date des excisions sur les filles. Si elles sont récentes, il y a de forte chance que la famille soit interdite d’immigrer aux Etats-Unis.
Les Bantous sont une communauté de descendants d’esclaves amenés en Somalie au début 18e siècle. Selon l’Office Internationale des Migrations, cette communauté est persécutée dans les camps de réfugiés. Elle ne représente que 12’000 des 130’000 réfugiés somaliens au Kenya.
En 1999, les Etats-Unis avaient accepté d’accueillir sur leur sol ces populations d’origine bantou, dans le cadre d’un programme spécial. Les premiers bénéficiaires de ce programme partiront en novembre prochain. Mais dès qu’ils ont appris que la mutilation traditionnelle est interdite aux Etats-Unis, ils ont commencé à exciser leurs filles en masses. Ce sont des employés humanitaires qui ont donné l’alerte en signalant l’organisation de cérémonies d’excisions groupées depuis un an.
Même interdite au Kenya, l’ablation du clitoris est une pratique courante dans le pays. Des campagnes de sensibilisation dans les camps de réfugiés sont menées régulièrement pour informer les parents que leurs familles ne seront pas acceptées si elles persistent dans la pratique de l’excision. (apic/ibc/pr)



