«Epuration» ou dynamique normale de changement ?
Rome: Des médias italiens évoquent une «dé-ratzingerisation» progressive de la curie
Rome, 19 septembre 2014 (Apic) Depuis plusieurs jours, des observateurs italiens évoquent, sous le néologisme de «dé-ratzingerisation», les changements opérés par le pape François au sein de la curie romaine. Ils viseraient à écarter purement et simplement les prélats réputés proches de Benoît XVI (2005-2013). Aux yeux de certains, souvent plutôt critiques vis-à-vis du pontife, certaines nominations sont ainsi inscrites dans le cadre d’une véritable «épuration».
Mgr Celso Morga Iruzubieta, secrétaire de la Congrégation pour le clergé, en poste au Vatican depuis plus de 25 ans, pourrait être bientôt envoyé dans un diocèse mineur en Espagne, pays dont il est originaire. C’est ce que rapporte le journaliste Marco Tosatti, en citant des médias espagnols. Selon ce vaticaniste du quotidien italien «La Stampa», cela serait peut-être lié à sa réputation de «conservateur». Ce déplacement s’inscrirait dans la ligne d’une «épuration à tous les niveaux dans certaines congrégations de personnes jugées trop proches de la ›ligne Raztinger’».
Ce changement d’affectation interviendrait alors que le pape François a déjà démis de ses fonctions de préfet de ce dicastère, le cardinal Mauro Piacenza, pour le nommer pénitencier majeur. A l’époque, cette nomination avait été décrite par les spécialistes comme une claire rétrogradation.
«Décapitations et purge»
Mais l’éviction la plus spectaculaire est évoquée par Sandro Magister, vaticaniste réputé mais généralement peu tendre envers le pape François. Le journaliste de «L’Espresso» annonce ainsi que le cardinal Raymond Leo Burke, actuel préfet du Tribunal suprême de la signature apostolique, pourrait être nommé mi-octobre «cardinal patron» de l’Ordre de Malte. Sandro Magister y voit une nette sanction de ce cardinal jugé plutôt conservateur et qui n’a pas hésité, à quelques reprises, à reprocher publiquement au pape François son manque de fermeté sur des questions disciplinaires ou de défense de la vie.
Et Sandro Magister d’expliquer que «l’exil de Burke serait encore plus drastique» que celui qui a été imposé au cardinal Piacenza. En effet ce dernier a certes été transféré de l’importante congrégation pour le clergé à la pénitencerie apostolique, mais il reste tout de même à la tête d’un dicastère de la curie, quoique marginal. Au contraire, dans ce cas, le cardinal Burke, seulement âgé de 66 ans, serait complètement exclu de la curie et il occuperait une fonction purement honorifique, sans aucune influence sur le gouvernement de l’Eglise universelle.
Le secrétaire pour les relations avec les Etats, Mgr Dominique Mamberti, pourrait lui aussi être bientôt remplacé par un nonce apostolique apprécié du secrétaire d’Etat, le cardinal Pietro Parolin. Le représentant du Saint-Siège à Buenos Aires, l’archevêque suisse Emil Paul Tscherrig, actuel nonce apostolique en Argentine, est notamment pressenti.
«Décapitations, purge…» Les mots de certains journalistes sont forts pour décrire les mouvements romains. Pourtant, depuis le début de son pontificat, le pape François a également effectué des nominations de prélats à la réputation «conservatrice» et ces déplacements s’inscrivent sans doute dans une dynamique normale de changement, notent les observateurs au Vatican. (apic/imedia/mm/be)




