Bras de fer entre la hiérarchie et le président équatorien
Equateur: L’Eglise catholique opposée à la Nouvelle constitution
Quito, 5 août 2008 (Apic) L’Eglise catholique d’Equateur s’oppose à la constitution que le président social-démocrate Rafael Correa soumettra à un référendum. Le président de la Conférence épiscopale, Mgr Antonio Arregui, archevêque de Guayaquil, considère que le texte va autoriser l’avortement. Un nouveau bras de fer est engagé entre la hiérarchie catholique et le pouvoir politique.
Les prélats équatoriens estiment que la nouvelle constitution a de grandes chances d’être adoptée le 28 septembre. Ils pensent qu’elle laisse la porte ouverte à l’avortement, à l’union homosexuelle et donnera à l’Etat des prérogatives concernant l’éducation religieuse dans les écoles.
Selon lui, il existe «des points sur lesquels on ne peut pas transiger (…) Je ne fais pas campagne pour le «non» (…), relève Mgr Arregui, cité par l’Agence France presse. Le prélat dit être «dans l’obligation de servir la vérité. La prise de position de la hiérarchie de l’Eglise catholique équatorienne n’a pas été appréciée par le président. «L’Eglise, historiquement proche de la droite, outrepasse sa fonction (…) ce n’est pas de la catéchèse, elle fait campagne pour le +non+», a dénoncé Rafael Correa. «Une constitution qui promeut l’avortement? Faux, totalement faux. Une constitution qui permet les familles d’homosexuels, faux, totalement faux», a souligné Rafael Correa, catholique et pratiquant. Le président équatorien a martelé: «L’Etat garantira la vie dès la conception» et «la famille est composée d’un homme et d’une femme».
L’AFP rappelle que le 24 juillet, l’Assemblée constituante de l’Equateur a approuvé par 94 voix sur 126 votants la nouvelle constitution du pays. Une constitution qui donne plus de pouvoirs à l’Etat pour réguler l’économie, mais qui permettra aussi au président de briguer un second mandat et de dissoudre le Parlement, une seule fois par mandat.
Les conflits ouvertes sont de plus en plus fréquents entre la hiérarchie de certaines Eglises nationales, comme au Venezuela, en Bolivie, en Argentine et maintenant en Equateur, et les pouvoirs démocratiques en place dans ces pays. (apic/ag/pr)



