Equateur: Regain de protestations sociales dans les milieux Indiens

«Nous sommes tués par les armes et le FMI»

Quito, 26 janvier 2001 (APIC) La protestation sociale grandit en Equateur, où les Indiens se dressent contre la récente augmentation tarifaire de certains services publics, entre autres gaz et carburant. Une dizaine de blessés et une centaine d’arrestations de civils sont pour l’heure annoncés. Le regain de tensions est grand. «Nous sommes tués par les armes et le FMI», protestent les «Indios» de l’Equateur.

Le nombre de barrages routiers augmente et les manifestations, parties en début de semaine, ont dégénéré en violentes émeutes entre manifestants et forces de l’ordre. Le bilan est d’au moins une dizaine de blessés et une centaine d’arrestations de civils. L’épicentre de la protestation se trouve à Lacatunga, dans la province de Cotopaxi, à 100 kilomètres au sud de Quito, où 500 Indiens ont défilé en protestant contre la politique économique du président Gustavo Noboa, accusé d’appliquer servilement les recettes structurelles du Fonds monétaire international (Fmi).

La Confédération des nationalités indigènes (Conaie) a envoyé à Noboa une lettre dans laquelle elle accuse la police d’avoir réprimé les manifestants avec brutalité. «Pendant plus de deux heures, les militaires ont tiré sur une marche complètement pacifique, comme cela s’est rarement vu en Equateur – peut-on lire -. Le peuple de l’Equateur n’est pas seulement tué par la violence institutionnelle, des mesures économiques qui ne favorisent que les secteurs financiers et les grandes entreprises, il l’est aussi par les balles et les arrestations arbitraires. Nous demandons des enquêtes et des sanctions à l’encontre des responsables matériels et intellectuels de ces tentatives de tueries. A la communauté internationale, nous demandons de condamner ces procédures adoptées par le gouvernement de Quito et les forces de l’ordre et d’exiger le respect des droits des populations indigènes d’Equateur».

Le communiqué précise que les mobilisations se poursuivront dans toutes les principales villes du pays malgré les déclarations de l’état-major militaire, qui se détache de toute responsabilité quant aux arrestations où tout incident susceptible de se produire au cours des manifestations. (apic/mn/pr)

26 janvier 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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