Espagne: 358 prêtres basques soutiennent Batasuna, le bras politique de l’ETA
Un acte «immoral» selon le gouvernement espagnol
Barcelone, 2 juin 2002 (APIC) Le torchon brûle entre le clergé basque et le gouvernement espagnol. 358 prêtres basques se sont prononcés contre un projet de mise hors-la-loi de Batasuna, bras politique de l’organisation séparatiste ETA. Ce soutien a été qualifié d’»immoral» par le chef de la diplomatie espagnole Josep Piqué. Jeudi, les évêques basques avaient dénoncé ce même projet de loi, provoquant la colère du gouvernement.
«Le contenu de ce communiqué» qui appuie «l’exercice du droit fondamental à l’autodétermination», revendication des séparatistes basques, est «en contradiction avec les valeurs de l’Eglise catholique», dit Josep Piqué samedi à Barcelone devant des journalistes, en marge d’une réunion de parlementaires de sa formation, le Parti Populaire.
«Ce communiqué ne contient aucune référence à la souffrance des victimes du terrorisme, mais exprime de la compréhension à l’égard des bourreaux», a-t- il souligné.
Ces 358 prêtres ont diffusé leur communiqué samedi matin dans le journal basque «Deia». Ils apportent leur soutien aux évêques du Pays basque espagnol qui ont critiqué jeudi dans une lettre pastorale ce projet de loi.
Dans leur communiqué, les prêtres basques s’élèvent contre la position «antidémocratique consistant à nier l’exercice du droit fondamental à l’autodétermination» du Pays basque «revendiqué par la majorité».
Evêques basques accusés de nationalisme radical
Jeudi, les évêques basques avaient exprimé leur crainte que la mise hors-la- loi de Batasuna n’ait «de sombres conséquences» au Pays Basque espagnol et n’y aggrave «la division et la confrontation». Le gouvernement espagnol a durement critiqué les prélats basques qui, selon le porte-parole de l’exécutif, Pio Cabanillas, s’alignent «sur les positions les plus radicales du nationalisme basque».
Vendredi, le nonce apostolique en Espagne, Manuel Monteira, a été convoqué par le ministre des Affaires étrangères qui lui a transmis «la contrariété et le malaise» de Madrid pour la prise de position des évêques basques. De son côté, la conférence épiscopale espagnole s’est démarquée de la lettre pastorale des prélats basques qui selon elle relève «exclusivement de leur responsabilité».
Le Vatican s’est abstenu samedi de réagir à la polémique. Le service de presse du Saint-Siège a fait savoir que «pour le moment, il n’intervient pas», a indiqué son directeur adjoint, le Père Ciro Benedettini. (apic/ag/bb)



