Les évêques de la péninsule ibérique en Session

Espagne: 64% des Espagnols souhaitent un autofinancement de l’Eglise

Madrid, 21 novembre 2005 63,4% des Espagnols estiment que l’Eglise catholique doit s’autofinancer, indique lundi un sondage publié en pleine polémique sur ce thème, mais aussi sur le problème de l’enseignement de la religion catholique, qui ne fait que commencer. Ce sondage intervient alors que s’ouvre à Madrid une Assemblée des évêques du pays.

Ces thèmes s’ajoutent au non moins conflictuel problème entre la hiérarchie de l’Eglise catholique en Espagne et le gouvernement à propos de la légalisation des mariages «gay».

Selon ce sondage, inquiétant pour la Conférence des évêques espagnols, seuls 27,3% des Espagnols pensent que l’Etat doit continuer de contribuer au financement de l’Eglise catholique. L’enquête a été menée par l’institut Opina pour la radio privée pro-gouvernementale Cadena Ser. La polémique pourrait prendre de l’ampleur encore. Dans son édition de lundi, «El Pais» consacre un reportage «au pouvoir des évêques espagnols», pour reprocher à l’Eglise ses inversions en bourses, notamment.

Une majorité des citoyens de ce pays – à grande majorité catholique -, 52% dit le sondage, souhaite également une réduction de l’influence de l’Eglise sur la société espagnole tandis que 14,1% voudrait qu’elle augmente.

Le gouvernement socialiste espagnol avait annoncé mi-novembre son intention de réduire le financement public de l’Eglise catholique. La coalition écolo-communiste Izquierda Unida (IU) a de son côté annoncé une initiative parlementaire en 2006 pour «en finir avec le surfinancement» de l’Eglise.

Education: accord possible

Pour l’heure, l’Etat espagnol contribue annuellement à hauteur d’environ 3 milliards d’euros au financement de l’Eglise catholique, en vertu d’un accord signé en 1979 entre l’Espagne et le Vatican. La vice-présidente du gouvernement, Maria Teresa Fernandez de la Vega avait annoncé mardi dernier que la contribution financière de l’Etat à l’Eglise allait devoir diminuer et que celle-ci devait tendre vers l’autofinancement.

Cet avertissement est intervenu au surlendemain d’une manifestation soutenue par l’Eglise, qui avait rassemblé des centaines de milliers de personnes – 400.000 selon la police et 2 millions selon les organisateurs – à Madrid contre une réforme de l’éducation prévoyant de rendre facultatif le cours de religion catholique.

La Conférence épiscopale espagnole (CEE) doit notamment aborder ces thèmes de friction avec le gouvernement lors de son assemblée plénière ouverte lundi dans la capitale espagnole. Dans son discours, l’évêque de Bilbao, Mgr Ricardo Blazquez, président de la Conférence épiscopale, s’est d’ailleurs montré confiant en un possible accord, «responsable et durable», en matière d’éducation. (apic/ag/arch/ep/pr)

21 novembre 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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