Les promesses non tenues inquiètent les évêques

Espagne : Double discrimination pour les cours de la religion

Madrid, 12 mars 1998 (APIC) «Tout sera réglé en deux mois», avait annoncé il y a deux ans Alberto de la Hero, directeur général aux Affaires religieuses mis en place par le nouveau gouvernement de José Maria Aznar et ses amis du Parti Populaire. Mais les évêques attendent toujours un règlement des questions posées par les réformes touchant les cours de religion.

En décembre 1994, l’ancien Conseil des ministres avait admis par décret la valeur du cours de religion dans l’Enseignement secondaire obligatoire, tout en précisant laisser la possibilité de choisir des matières alternatives, dans ce cas non soumises à évaluation. Concrètement, les élèves non inscrits à un cours de religion, sont tenus, durant deux ans dans l’enseignement secondaire et durant une année de baccalauréat, de participer à des activités portant sur des aspects culturels relatifs aux religions.

Un premier problème de taille est apparu dès septembre 1995, au vu de la liste des «activités alternatives» publiée par le ministère de l’Education. On y trouvait notamment des ateliers de photographie, des jeux de logique, des jeux de rôle, des informations sur l’Amérique Latine… «Ce n’est pas sérieux», a protesté la Commission épiscopale de l’Enseignement et de la Catéchèse. Comme on propose aux jeunes des activités qui ne sont pas «assimilables ou comparables en rigueur et en exigence académique», on opère sans le vouloir une discrimination à l’égard des cours de religion, qui partent perdant face à la «loi du moindre effort».

Or, ce qui n’était encore qu’une crainte à l’époque est devenu plus que réalité, souligne aujourd’hui le secrétaire de la Commission épiscopale, Modesto Romero. Les activités «alternatives» s’apparentent dans certaines écoles à une récréation. Une autre anomalie, dénoncée depuis longtemps par les évêques, vient d’être reconnue par l’Audience Nationale: 292 professeurs de religion qui enseignent dans des écoles publiques voient enfin leur requête aboutir. L’Etat sera obligé de leur payer des arriérés, la somme retenue de façon discriminatoire sur leur salaire étant contraire à l’accord conclu en 1993 avec les évêques par les ministères de l’Education et de la Justice.

D’après une enquête menée dans 58 diocèses d’Espagne, 85 % des enfants et des jeunes sont inscrits cette année dans un cours de religion, que ce soit en primaire, dans le secondaire, au baccalauréat ou dans une école professionnelle. Ce taux de fréquentation monte à 98 % pour les écoles catholiques. Dans les établissements laïques de l’enseignement libre, la fréquentation du cours de religion est comparable à la moyenne générale, toutes écoles confondues : 84 %. Dans les écoles publiques, 72 % des élèves suivent un cours de religion (catholique, protestante, juive ou musulmane).

Si ces chiffres dans l’absolu confirment l’attachement traditionnel à l’enseignement religieux, ils sont cependant presque tous en baisse par rapport à l’année précédente. Ils indiquent, selon la Commission épiscopale de l’Enseignement, la pente vers laquelle tend le «manque de sérieux» qui s’est maintenu d’un gouvernement à l’autre. (apic/cip/ba)

3 mai 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
Partagez!