Espagne/France: L’Eglise espagnole soutient les sans-papiers. la police française les évacue
«La doctrine de l’Evangile précède la loi»
Madrid,
(APIC) Bravant une nouvelle loi, L’Eglise espagnole héberge les clandestins menacés d’expulsion. «La doctrine de l’Evangile précède la loi», estime un responsable de la commission épiscopale des migrations. Le gouvernement est obligé de manœuvrer pour protéger les petites exploitations agricoles, dont la survie est assurée par la main d’œuvre illégale. A Paris, en revanche, la police a évacué les sans-papiers qui occupaient l’Eglise Saint-Bernard, dans le 18eme le bâtiment, dimanche 4 février.
Dans son édition de mardi 6 février, le journal français «La Croix» enquête sur l’importance du rôle de l’Eglise espagnole dans l’affaire des sans-papiers menacés d’expulsion par la nouvelle loi sur l’immigration. 34’000 demandes de régularisation ont été rejetées à Barcelone, depuis juillet 2000.
Pour faire face à la situation de détresse des immigrés clandestins, l’Eglise accepte de les héberger dans les salles de paroisse. Curé de la paroisse de Santa Maria del Pi à Barcelone, Josep Maria Vidal déclare: ” Les illégaux font de la résistance. La situation est tendue mais l’occupation est pacifique», en parlant des 300 immigrants équatoriens et colombiens qui avaient entamé une grève de la faim le 21 janvier, deux jours avant l’entrée en vigueur de la nouvelle loi répressive sur l’immigration .
La contradiction du gouvernement espagnol
«Certes, il existe la loi d’un côté, mais notre position est claire: nous suivons quoi qu’il arrive la doctrine de l’Evangile, nous offrons donc un appui et une solidarité aux personnes qui en ont besoin ” affirme José Magana, de la commission épiscopale des migrations. Les sans-papiers vivent toujours dans l’angoisse, assure le responsable, et de même d’ailleurs que leurs employeurs, à qui l’on infligera des amendes lourdes s’ils établissent des contrats illégaux.
Les Equatoriens clandestins de la région de Murcie, par exemple, travaillent dans les cultures. Les petites exploitations risquent de perdre leur récolte si le gouvernement applique sévèrement la loi. Les manœuvres délicates qui existent au sein de l’administration mettent à nu les contradictions et le dilemme des autorités.
A Saint-Bernard de Paris, pas condition d’héberger des sans-papiers
Durant la messe de dimanche dernier, une centaine des clandestins ont occupé l’église, demandant de s’y réfugier. C’est la deuxième fois qu’un telle chose se produit depuis 1996. Pour la seconde fois, les clandestins n’ont rencontré qu’incompréhension de la part des autorités religieuses et civiles. Vers 20h30, les forces de l’ordre ont pénétré dans l’église pour en évacuer les occupants, après l’échec des négociations avec le préfet de Paris.
Pour l’archevêché de la ville des lumières, un sanctuaire ne peut pas garantir les conditions sanitaires ni de sûreté nécessaires aux clandestins. Il déplore également que certains se servent de l’église à des fins idéologiques. L’église de Saint-Bernard est devenue en effet le symbole de la cause des «illégaux» depuis 1996. (apic/lc/om)



