Et demande pardon pour le passé de l’Eglise durant cette période
Espagne: Guerre civile: le président de l’épiscopat rompt le silence
Madrid, 20 novembre 2007 (Apic) Mgr Ricardo Blazquez, président de la Conférence des évêques d’Espagne et évêque de Bilbao, a rompu le silence de l’Eglise catholique d’Espagne sur son passé aux côtés du régime franquisme. En demandant pardon.
Le prélat, qui achève son mandat à la tête de l’épiscopat, a en effet demandé pardon pour l’Eglise catholique pour le «rôle concret» de ses membres durant la guerre civile, de 1931 à 1939, «la décennie des années trente», pour reprendre le terme de l’évêque. Selon «El Pais», le président de l’épiscopat a lu deux messages qui «ont laissé muets beaucoup de prélats», dont l’un a trait à l’attitude pro-franquiste de l’Eglise catholique d’Espagne.
Dans son second message, Mgr Blazquez a rendu hommage au cardinal Vicente Enrique y Tarancon, le qualifiant «d’homme providentiel pour avoir mis en pratique en Espagne les directives du Concile Vatican II» et pour être devenu un «instrument efficace de la réconciliation, après la mort du dictateur Franco». Selon «El Pais, les anticléricaux de droite et de nombreux évêques ont exécré le cardinal Tarancon pour son ouverture.
Jusqu’à ce jour, l’Eglise catholique espagnole a considéré avoir été victime de la guerre civile. «L’Eglise a été une victime», proclamait le 7 avril 2000 le porte-parole de l’épiscopat, Mgr Juan José Asenjo, aujourd’hui évêque de Cordoba.
Un homme de dialogue
Mgr Blazquez, évêque de Bilbao, au Pays basque, passe pour une personne de dialogue, y compris avec les antagonistes de la politique basque, entre lesquels il a toujours prôné le dialogue.
En mars 2005, l’élection de Mgr Ricardo Blazquez -, alors âgé de 63 ans – à la tête de l’épiscopat, avait été qualifiée de «surprise». Il succédait au cardinal Antonio Maria Rouco Varela. L’ensemble des observateurs voyaient en effet Mgr Rouco Varela, archevêque de Madrid, reconduit pour un troisième mandat dans ses fonctions.
Mgr Blazquez, est né à Avila (Castille-Léon) le 13 avril 1942. Il a été nommé évêque de Bilbao, au Pays basque, le 8 septembre 1995. L’évêque s’est signalé en appelant à plusieurs reprises l’organisation séparatiste basque ETA à «déposer les armes». Il avait en revanche souscrit à une note pastorale des diocèses basques critiquant «la loi des Partis» sur la base de laquelle la formation indépendantiste basque Batasuna, considérée comme la vitrine politique de l’ETA, avait été ensuite interdite.
La ferme position de l’évêque de Bilbao – et des ses collègues basques – avait engendré l’irritation de nombreux évêques espagnols, dont Mgr Rouco Varela. (apic/elp/arch/pr)



