Une offense aux travailleurs et à leurs modestes salaires
Espagne: L’Eglise contre les gains abusifs amassés en bourse
Madrid, 29 novembre 1999 (APIC) La Conférence des évêques d’Espagne condamne les gains abusifs, notamment amassés en bourse. Il s’agit, estime-t-elle, d’une offense aux travailleurs et à leurs modestes salaires.
«L’enrichissement subit et spectaculaire des dirigeants de la société espagnole «Telefonica» est une offense à beaucoup de travailleurs qui perçoivent pour leur travail un salaire parfois très modeste», estime Mgr Juan José Asenjo, secrétaire général de la Conférence épiscopale espagnole. Mgr Asenjo fait allusion à l’affaire des «stock options» concernant la distribution d’actions parmi les dirigeants de la société «Terra», filiale de Telefonica.
Intervenant au cours de l’Assemblée plénière de l’épiscopat, tenue la semaine dernière à Madrid, le secrétaire général a réclamé des dispositions légales pour empêcher de tels excès, ainsi qu’un traitement fiscal de ces revenus qui dissuade ce genre de pratiques.
La position de l’épiscopat n’a guère été appréciée par le porte-parole du groupe populaire au Parlement, Luis de Grandes. Ce dernier se déclare d’accord pour que l’Eglise émette un jugement au sujet des «stocks options». Mais, ajoute-t-il, pour autant qu’elle s’en tienne strictement au point de vue moral. Il considère que l’Eglise n’a pas à se mêler de la législation. Les partis politiques sont là pour relayer démocratiquement les aspirations des citoyens, estime-t-il: «Je ne crois pas que l’Eglise ait des leçons à donner aux Cortès en cette matière».
Mgr Asenjo a rappelé que les évêques espagnols ont déjà publié en 1990 un document mettant en garde contre «une excessive exaltation de l’argent et contre l’ambition qu’ont certains de s’enrichir en peu de temps et sans tenir compte des moyens utilisés ou des valeurs qui sont en jeu».
La semaine dernière, le cardinal Ricard-Maria Carles, archevêque de Barcelone, est lui aussi intervenu dans cette affaire, qualifiant de scandale les gains obtenus par les dirigeants de «Terra». «Quand on voit la moyenne des salaires dans notre pays et la quantité de pauvres et de chômage qui existe, il est scandaleux que certains bénéficient de tels gains sans même sortir de chez eux», avait-il dénoncé. (apic/cip/tg/pr)




