Une fois de trop? Madrid convoque le nonce apostolique

Espagne: La radio de l’épiscopat refait parler d’elle

Madrid, 22 décembre 2005 (Apic) La radio de l’épiscopat espagnol refait une fois de plus parler d’elle. Avec un canular dirigé contre le président bolivien élu Evo Morales. Mécontent, le gouvernement de Zapatero a convoqué le nonce apostolique en place à Madrid.

Déjà gravement mise en cause pour ses insultes voire un langage de haine à l’égard du Premier ministre José Luis Rodriguez Zapatero, les nationalistes catalans et basques ou encore contre les homosexuels et les immigrés, la chaîne de radio catholique COPE, patronnée par la Conférence épiscopale espagnole, vient une nouvelle fois de se signaler. Une fois de trop peut-être, avec le «canular» dirigé contre le président-élu bolivien, Evo Morales.

Le ministre espagnol des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos, a convoqué jeudi le nonce apostolique en Espagne à propos de ce canular téléphonique.

“Le nonce a été convoqué aujourd’hui” par le ministre espagnol, a indiqué une porte-parole de la Nonciature, confirmant des informations de presse. Un journaliste de la Cope, propriété de l’épiscopat, s’est fait passer pour le >Premier ministre Zapatero auprès du leader socialiste bolivien pour le féliciter par téléphone d’avoir rejoint «l’axe» cubano-vénézuélien.

Evo Morales avait déclaré lors d’une conférence de presse mardi que Zapatero l’avait appelé pour le féliciter de sa victoire. Interrogés par l’Agence France presse, les services du Premier ministre avaient démenti mardi soir cet appel téléphonique. Qu^à cela ne tienne, le chef du gouvernement espagnol a appelé mercredi soir Evo Morales pour lui exprimer son «malaise» au sujet de cet «inacceptable» canular.

En Espagne, des communautés catholiques populaires et le Comité Oscar Romero de Madrid se plaignent des continuelles attaques de Federico Jiménez Losantos contre les immigrés en Espagne. S’étonnant du silence de la Conférence épiscopale face à certains programmes de la chaîne COPE (Cadenas de ondas populares). La radio apparaît aux yeux de beaucoup comme l’expression «néofranquiste» d’une Espagne centraliste et anticatalane.

Au nom de l’audience. populiste

Des pétitions pour demander que l’on corrige ce programme circulent sur internet. Les cibles du journaliste visés, au nom de l’audience populiste, sont avant tout les musulmans, les homosexuels, les partisans de l’avortement, les chrétiens de gauche, les séparatistes catalans. Jiménez Losantos vomit le gouvernement Zapatero, «le plus radical depuis les années 30 (…) qui s’est allié avec toute la poubelle totalitaire dans le monde, Chavez, Castro et les Mohammed». Sans parler de Zapatero lui-même, «Zapatero Ier le liberticide, le chef des chemises noires» catalanes comparé à «un véritable Hitler», décrié comme «premier ennemi de l’Espagne».

L’évêque catalan Agusti Cortes, évêque de Sant Feliu de Llobregat (Barcelone), a demandé diplomatiquement à la Conférence épiscopale espagnole de «corriger» le journaliste de la COPE Jiménez Losantos, afin qu’il «abandonne immédiatement» son «langage non approprié». La hiérarchie catholique, propriétaire et actionnaire majoritaire, ne semble pour le moment pas bouger. (apic/ag/be/pr)

22 décembre 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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