Espagne: La revue des jésuites revient sur la débâcle électorale du Parti du Premier ministre
«Voilà pourquoi les gens ont puni le gouvernement d’Aznar»
Madrid, 14 avril 2004 (Apic) «Mensajero», la revue des jésuites espagnols, revient un mois après sur les élections espagnoles qui ont vu un changement de cap, après le vote qui a changé le panorama en donnant la victoire aux socialistes. En faisant subir une défaite cuisante pour la droite du Parti du Premier ministre sortant Aznar. Pour les jésuites espagnols, les citoyens trompés et non écoutés ont ni plus ni moins fait valoir leur droit à punir ce gouvernement.
D’après la revue des jésuites, la défaite du Parti populaire doit être mise en rapport avec le fait de «ne pas avoir écouté la voix des gens». (Réd.: rappelons l’appui aveugle du Premier ministre Aznar à G. Bush dans la guerre contre l’Irak, sa tentative de mainmise sur l’information et la gestion dans l’affaire de la marée noire sur les côtes de Galicie). Le manque de sensibilité aux requêtes qui viennent «du bas», «se paye au moment du vote, tôt ou tard», estime la revue.
On ne trompe pas impunément
«La fin de l’époque socialiste précédente tout comme celle des huit années du Parti populaire – lit-on dans la revue – ont été caractérisées par un style de gouvernement qui a suscité des craintes quant à l’avenir». En particulier, «confondre l’intransigeance avec la fermeté et imposer son propre comportement comme la seule vérité possible finit par renfermer celui qui gouverne dans une enceinte sacrée qui incite à mépriser toute opinion non conforme à ses propres thèses, fût-elle majoritaire».
Se basant sur cette analyse, l’article souligne qu’il «n’est pas possible de tromper facilement et impunément tout un pays» et c’est précisément le «pluralisme de l’information» qui permet surtout de découvrir les «manipulations intéressées» et les tentatives «de dévoyer le sentiment général». C’est pour cette raison que «les modes autoritaires et le mépris de l’adversaire ne sont point tolérés dans une société basée sur la dialectique des opinions et sur le jugement de la majorité», relève en conclusion les auteurs de l’article. (apic/vd/pr)



