La dimension sociale de la foi dans les communautés
Espagne: Le Colloque Européen des Paroisses s’est conclu à Gérone
Gérone, 17 juillet 2001 (APIC) Plus de 200 délégués d’une quinzaine de pays européens – dont 21 de la Suisse – ont participé au XXIème Colloque Européen des Paroisses (CEP) qui s’est tenu à Girona (Gérone), en Catalogne du 7 au 13 juillet. Le thème du colloque était: «Europe et solidarité: la dimension sociale de la foi dans nos communautés chrétiennes».
Outre la forte délégation catalane (66 participants), les délégations italienne (28), allemande (25), suisse (21), portugaise (19), autrichienne (16), française (15) et belge (12) ont travaillé de concert avec des délégués venus de Roumanie, de Russie, d’Ukraine, de Hongrie et de Slovénie.
L’Eglise a perdu de son pouvoir et de son poids social
En accueillant les participants, l’évêque de Gérone, Mgr Jaume Camprodon Rovira, a souligné l’actualité du thème retenu: son diocèse catalan doit faire face depuis les années 80 à une forte vague d’immigration en provenance d’Afrique du Nord, d’Afrique centrale et d’Europe de l’Est. «Nous nous savons pauvres, a-t-il déclaré, nous habitons une Eglise et sommes une Eglise qui a perdu de son pouvoir et de son poids social, qui n’a plus ni or ni argent. Mais, même dans cette situation, si elle est assumée lucidement et de façon évangélique, la force de l’Esprit peut être décelée».
Plusieurs experts sont intervenus durant les séances du Colloque: Heinrich Pompey (Fribourg-en-Brisgau), Marc Feix (Strasbourg), Gaspar Mora et Maria Lluïsa Geronès (Catalogne), outre le secrétaire général du CEP, Ottfried Selg. Le mardi 10 juillet, lors d’une table ronde, trois invités ont témoigné de la dimension sociale de la foi: Maritchu Rall, de l’Association internationale des Charités (AIC) et représentant du groupe «Grande pauvreté et cohésion sociale» au Conseil de l’Europe, Mgr José María Setién, évêque émérite de San Sebastian, au Pays Basque, et Mgr Del Toso, du Conseil pontifical «Cor Unum».
Un prélat de la curie romaine désapprouvé: parler plutôt de charité que de solidarité
Le public a fait entendre sa désapprobation quand le prélat de la curie romaine a affirmé que «le concept solidarité est né dans un contexte antichrétien, dans le cadre de la Révolution française». Mgr Del Toso avait auparavant mis en garde contre la tentation de «ne voir que les nécessités matérielles de l’homme». En essayant d’y porter remède, on risque de «donner l’impression que l’important est de résoudre des problèmes et non pas de témoigner la foi», a-il ajouté.
Selon le représentant du Vatican, qui a recommandé de parler de «charité» plutôt que de «solidarité», certains évêques qui rendent visite au Conseil «Cor Unum» se plaignent de trouver difficilement de l’argent pour des projets d’évangélisation, alors que ce n’est pas le cas lors qu’il s’agit de projets de développement.
La paroisse, un lieu d’engagement social
Dans ses conclusions générales, le Colloque relève que «les questions sociales apparaissent de plus en plus en des termes communs. L’Europe devient un des niveaux pertinents pour proposer des réponses. Ces réponses concernent la paroisse, la société démocratique et la personne.»
Pour le CEP, «les faits sociaux d’aujourd’hui, comme ceux d’hier et, à plus forte raison encore, ceux de demain, modifient la structure de l’Eglise à travers son institution paroissiale». La paroisse n’est pas «un en-soi», est-il précisé, mais «un lieu possible de ressourcement de la foi, qui invite à l’engagement concret». La deuxième partie des conclusions, portant sur «Les dimensions sociales de la foi chrétienne», traite successivement du témoignage, de la vie spirituelle et du service de l’homme. Sur ce dernier aspect, elle souligne la nécessité d’un «accueil inconditionnel de chaque personne et de chaque groupe tels qu’ils sont» et rappelle que «la promotion de la charité et de la solidarité, de la justice et de la paix, suppose un service exempt de toute volonté de domination».
La troisième partie des conclusions du Colloque Européen des Paroisses, intitulée «Ouverture», précise que les communautés paroissiales rendent visibles, à travers leurs membres et leurs activités, le primat de la dignité de la personne humaine, l’attention aux pauvres, l’exercice du pouvoir comme service, le respect de l’adversaire et de l’ennemi, l’ouverture à l’universalisme, ainsi qu’une mise en œuvre du partage et de la destination universelle des biens.
Un nouveau président italien succède à un Portugais
Claudio Como, curé d’une paroisse d’Udine (Italie) a été élu président du CEP par le Conseil International de cet organisme. Durant les huit dernières années, la présidence a été assurée par un prêtre portugais, Joâo Castelhano, curé à Coimbra. La Catalane Maria Gibert a de son côté été élue à la vice-présidence. Le Colloque s’est terminé par un pèlerinage à l’abbaye de Montserrat. (apic/cip/mk/be)



