Un million de fidèles sur la Plaza de Colon
Espagne: Le pape canonise cinq Espagnols
Par Antoine Soubrier, correspondant de l’Apic
Madrid, 4 mai 2003 (Apic) Le pape Jean Paul II a canonisé le 4 mai deux prêtres et trois religieuses espagnoles sur la Plaza de Colon à Madrid, devant un million de fidèles. Durant la cérémonie, le pape a de nouveau insisté sur l’importance pour l’Espagne de sauvegarder ses racines chrétiennes, notamment en ce qui concerne la sauvegarde de la famille.
Après une nuit passée à la nonciature apostolique l’ambassade du Vatican -, le pape s’est rendu en papamobile jusqu’à la Plaza de Colon, dans le centre de Madrid. Sur le trajet de quelque 6 kilomètres séparant les deux lieux, de nombreuses personnes l’attendaient depuis parfois plusieurs heures. La réussite de la rencontre avec les jeunes, la veille, a convaincu, selon les organisateurs, certaines personnes hésitant encore au dernier moment à se rendre à la messe de canonisation. Jean Paul II est apparu nettement plus fatigué que la vieille, probablement en raison des quelque trois heures passées samedi soir en compagnie des jeunes.
Dans la matinée du 4 mai, tous les journaux nationaux titraient sur la visite de Jean-Paul II en Espagne, faisant notamment part de leur surprise face à l’engouement des jeunes venus deux fois plus nombreux que prévu à la veillée du samedi soir entre 600’000 et un million suivant les sources.
Sur la Plaza de Colon – construite en l’honneur de Christophe Colomb, découvreur de l’Amérique -, Jean Paul II s’est adressé à tous les catholiques espagnols, au cours de l’homélie. Alors que la veille il avait fait allusion au rôle de l’Espagne dans la sauvegarde des racines chrétiennes de l’Europe, en s’adressant aux dirigeants politiques, cette fois-ci, il a expliqué comment il entendait voir agir les catholiques du pays.
Sans toutefois citer le projet de loi sur le divorce actuellement en cours de négociation au parlement espagnol, le pape l’a cependant notamment clairement dénoncé. «De nouveaux fruits de sainteté naîtront, a-t-il déclaré quelques instant après les canonisations, seulement si la famille saura rester unie, comme authentique sanctuaire de l’amour et de la vie». La défense de la vie, la protection du mariage, et le bien de l’humanité ont également été cités au cours de la messe. «N’abandonnez pas vos racines chrétiennes!», a conclu le pape d’une voix forte.
Cinq nouveaux saints
Les nouveaux saints, dont les immenses portraits avaient été accrochés au- dessus de l’autel dominant la place, ont tous vécu au 20e siècle. Il s’agit de Angela de la Cruz (1846-1932), fondatrice de la Compagnie des soeurs de la Croix, de Mère Maravillas de Jesus (1891-1974), fondatrice de neuf couvents carmélites, de Genoveva Torres (1870-1956), fondatrice de la Congrégation des soeurs du Sacré Coeur et des Saints Anges, de José Maria Rubio (1864-1929), jésuite, ainsi que de Pedro Poveda (1874-1936), fondateur de «l’Institution Thérésienne». Ce dernier est le 11e martyr de la guerre civile espagnole à être canonisé par le pape, signale la Conférence épiscopale espagnole.
Les nouveaux saints seront désormais fêtés, respectivement, le 5 novembre, le 11 décembre, le 4 janvier, le 4 mai et le 28 juillet. Avec ces cinq canonisations, le palmarès de Jean Paul II s’élève à 470 saints canonisés en 25 ans de pontificat. Cette cérémonie de canonisation est par ailleurs la 12e du souverain pontife en dehors de Rome, sur un total de 48.
Héritage spirituel
A l’issue de la messe marquée par un grand recueillement, profitant de la dernière occasion de s’adresser au peuple espagnol avant son retour sur Rome en fin d’après-midi, Jean Paul II est revenu sur le thème de l’Europe. «Soyez dépositaires d’un riche héritage spirituel qui doit être capable de raviver votre vitalité chrétienne, unie au grand amour pour l’Eglise et pour le successeur de Pierre», a-t-il lancé en direction de tous les Espagnols. Le pape sera revenu sur ce thème dans tous ses discours officiels prononcés au cours de son voyage en Espagne.
De nombreuses personnalités politiques étaient présentes à la messe. Parmi elles, outre le roi Juan Carlos I, accompagné de sa femme et de ses enfants, figuraient en particulier la plupart des membres du gouvernements, dont leur chef, José Maria Aznar, ainsi que des représentants de partis politiques de droite comme de gauche.
Têtes couronnées et secrétaire général du parti socialiste ouvrier
Jean Paul II a reçu le leader de l’opposition, José Luis Rodriguez Zapatero, secrétaire général du parti socialiste ouvrier espagnol, à l’issue de la célébration. La reine Fabiola de Belgique, veuve du roi Baudouin, était également présente, en raison de sa parenté avec Mère Maravillas. Au total, les organisateurs ont parlé de la présence de près d’un million de personnes.
Dans l’après-midi du 4 mai, Jean Paul II a rencontré la famille royale dans un cadre informel, avant de quitter l’Espagne vers 18h00, pour rejoindre Rome. (apic/imedia/sh)




