Espagne : Les Dominicains font de la théologie sur internet

«La demande d’information religieuse est énorme»

Madrid, 11 avril 2000 (APIC) Une vidéoconférence du professeur Jesus Espeja, d’une durée de dix minutes, a inauguré le premier cours donné sur internet par l’Ecole de théologie St-Thomas d’Aquin. L’émission dépend de la Faculté de théologie Saint-Etienne de Salamanque, en Espagne. L’école compte une centaine d’élèves dans le monde entier.

«Nous croyons que la mise en route de l’enseignement de la théologie sur internet est une nécessité, surtout pour les pays de l’Amérique latine, mais aussi pour l’Espagne. En beaucoup de lieux il n’y a pas de centres d’études pour les personnes qui veulent approfondir leur foi», explique le directeur technique de l’école et promoteur de l’initiative, le Père Francisco L. de Farago.

L’école a fonctionné à titre expérimental au cours de la dernière année avec des cours libres qui ont compté 200 inscrits. Cette réponse positive des élèves a encouragé les Dominicains de la province d’Espagne à parier sur l’enseignement via internet. «La demande d’information religieuse est énorme, signale le religieux. Le croyant a besoin d’appuyer sa foi sur la raison».

Une Université sur internet

Les Dominicains ont réfléchi sur l’utilisation de l’internet lors de leurs derniers chapitres généraux. Le maître général actuel de l’Ordre, le Père Timothy Radcliffe, appuie résolument ces initiatives. En France, les Dominicains préparent la mise en route d’une université sur internet.

La Faculté Saint Etienne (

) propose trois cours, qui couvrent toutes les matières théologiques habituellement dispensées dans n’importe quelle faculté (christologie, ecclésiologie, morale, exégèse…) de manière résumée et dans un langage accessible à un large public. Le premier cours comporte 16 matières, dont chacune est structurée en huit thèmes, que l’on introduit sur le réseau chaque mois. L’élève est examiné sur les matières tous les deux mois.

Pour chaque matière est prévu en outre un forum de débat auquel peuvent participer les élèves inscrits et tous les professeurs. L’école comporte aussi une cafétéria virtuelle, dans laquelle on peut aborder toute espèce de question. Dans l’agenda, les professeurs précisent les plages horaires durant lesquelles ils seront sur le «chat» (forum), pour tous ces élèves qui veulent les consulter en direct. Quelques liens connectent à d’autres centres qui fournissent aussi de la formation religieuse, par exemple l’Ecole des religions de l’Université de Valence, qui offre quelques cours. Un courrier interne facilite les contacts à l’intérieur de l’école.

Pas encore de titre pour les étudiants virtuels

L’école n’accorde pas encore de titre, mais seulement un certificat de participation. «Nous espérons que, tout au long de ce cours et de celui qui va suivre, nous pourrons obtenir les reconnaissances de la part de la Conférence épiscopale espagnole, de différents diocèses et de Conférences latino-américaines, étant donné que la majorité de nos élèves sont Latino-américains», affirme le Père Francisco L. de Farago.

Parmi les élèves, on trouve des catéchistes, des professeurs d’universités et des représentants du monde diplomatique. «Quelques élèves vivent dans des milieux si déchristianisés que nous sommes presque leur unique contact avec le monde de la foi», relève encore le Père de Farago. (apic/cip/mg/mk)

11 avril 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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