S’il veut déboucher sur la paix, justice et pardon sont nécessaires
Espagne: Les évangéliques saluent à leur tour l’annonce d’un cessez-le-feu de l’ETA
Madrid, 28 mars 2006 (Apic) Le cessez-le-feu permanent annoncé par le groupe séparatiste basque ETA devra s’accompagner de la justice et du pardon s’il veut déboucher sur une paix durable. Tel est l’appel lancé par un groupe de chrétiens évangéliques espagnols, alors que le chef de l’Eglise catholique en Espagne exhorte les politiciens à s’unir et à oeuvrer en faveur de la paix.
«L’unité des gouvernants et des représentants politiques, la collaboration de la société, le travail patient, l’ouverture d’esprit et l’espérance qui guide le chemin sont de bonnes garanties pour atteindre l’objectif de la paix totale», a déclaré aux journalistes Mgr Ricardo Blazquez Pérez, évêque de Bilbao, président de la Conférence épiscopale espagnole. Il a affirmé lundi que l’Eglise était préparée à contribuer à la réalisation de cet objectif dans la mesure de ses possibilités.
Par ailleurs, dans une lettre adressée au Premier ministre espagnol José Luis Rodriguez Zapatero, la Fédération des organisations religieuses évangéliques d’Espagne (FEREDE) a exprimé l’espoir que cette fois-ci la fin de la violence sera définitive. Dans une déclaration, l’Alliance évangélique d’Espagne (AEE) – la plus ancienne organisation évangélique interconfessionnelle du pays, fondée en 1877 – a réclamé la justice et le pardon pour que la paix soit réalisée.
Le grand pouvoir de régénération du pardon
«En tant que chrétiens, nous connaissons le grand pouvoir de régénération du pardon, qui est parfaitement compatible avec la justice, même s’il est totalement contraire à la vengeance, a déclaré l’AEE sans se référer à un groupe en particulier. Selon le Conseil évangélique de Madrid, l’heure est venue pour les évangéliques espagnols de recourir au langage théologique qui pourrait ouvrir la voie à la paix, même au risque d’être qualifiés de «naïfs».
L’ETA (qui veut dire «Le pays basque et sa liberté» en langue basque), a été fondé en 1959. Le mouvement a tué quelque 850 personnes et perpétré des violences urbaines dans le cadre de sa campagne pour la création d’un Etat socialiste indépendant de la France et de l’Espagne pour le peuple basque, qui s’étend sur les deux pays. (apic/eni/be)



