L’Eglise a ses chemins à elle pour éradiquer le terrorisme
Espagne: Les évêques s’expliquent à propos du pacte antiterroriste
Madrid, 22 février 2001 (APIC) Tempête autour de l’»Accord pour les libertés et contre le terrorisme», signé le 8 décembre dernier par les deux grands partis politiques espagnols, le Parti Populaire (PP), au gouvernement, et le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE). Les signataires cherchaient à obtenir le plus grand nombre d’adhésions au pacte. Personne n’a demandé formellement aux évêques d’y adhérer, mais l’Eglise catholique explique aujourd’hui qu’elle suit sa propre voie pour venir à bout de la violence terroriste.
Après l’issue de la réunion du comité permanent de la Conférence épiscopale espagnole à Madrid, la semaine dernière, Mgr Juan José Asenjo, secrétaire de la Conférence des évêques a assuré que l’épiscopat espagnol ne signerait pas le pacte antiterroriste, même si on le lui demande. Il s’agit d’une initiative politique et l’Eglise a des chemins à elle, pour la défense du droit à la vie, a-t-il expliqué.
Il n’y avait pas unanimité parmi les évêques. Mgr José Maria Setien, évêque émérite de San Sebastian, avait déjà averti qu’une éventuelle adhésion au pacte antiterroriste se ferait «sans les évêques basques».
Des représentants du PSOE et, surtout, du PP, ont exprimé leur mécontentement. On a reproché aux évêques d’être «ambigus» et de manquer de courage. Mariano Rajoy, vice-président du gouvernement espagnol, a exprimé son regret «en tant que catholique» du fait que l’Eglise «ne veut rien savoir de cette affaire». Pour lui, le pacte «n’est pas une affaire politique» mais elle concernent la dignité des personnes et leurs droits individuels.
L’Eglise accusée de se désolidariser des victimes
Josep Piqué, ministre des Affaires Etrangères, a critiqué «le manque d’engagement et de solidarité avec les victimes de la part de l’Eglise espagnole, tout particulièrement de l’Eglise basque». «Si prendre position à propos du terrorisme, c’est de la politique, c’est aussi faire de la politique que de parler de l’immigration», a déclaré de son côté Javier Arenas, secrétaire général du PP. Récemment, plusieurs organisations catholiques ont vivement critiqué la nouvelle loi sur l’immigration.
Les évêques ont réagi, d’abord par la voix du cardinal Antonio Maria Rouco, président de la conférence épiscopale, qui a qualifié d’»injustes» et «démesurées» les accusations gouvernementales. Il a cependant ajouté que le pacte antiterroriste était en conformité avec la morale de l’Eglise, précision qui a satisfait le vice-président du gouvernement, Mariano Rajoy.
Les évêques rappellent aussi que personne ne leur a demandé formellement de signer le pacte. «En restant dans le cadre de notre mission, nous pouvons contribuer efficacement à l’éradication du terrorisme et de ses causes». (apic/cip/mjp)




