Des prêtres approuvent des théologiens critiqués par l’archevêque

Espagne: Mécontentement et vifs échanges dans le diocèse de Pampelune

Pampelune, 27 juillet 2000 (APIC) Des théologiens mis en cause par Mgr Fernando Sebastian, archevêque de Pampelune (Navarre) ont reçu l’appui de plusieurs prêtres. Le ton est au mécontentement, après le désaveux de l’archevêque de Pampelune à 2 livres publiés par des théologiens espagnols sur l’eucharistie et le sacerdoce. 34 prêtres du diocèse de Pampelune jugent «excessive» la démarche de l’évêque. Les prêtres estiment qu’au lieu «de camper sur les positions du passé, il vaudrait mieux voir la réalité en face, lorsque de graves problèmes se posent à l’Eglise».

Le ton est également au mécontentement à Grenade, après les critiques formulées par l’archevêque du lieu à l’encontre de jésuites.

Das un article publié récemment par le quotidien «Diario de Navarra», Mgr Fernando Sebastian, archevêque de Pampelune (Navarre) réagit aux «lettres de mécontentement ou de protestation» reçues après son intervention «désavouant deux livres où l’on parle de manière déficiente de l’eucharistie, du sacerdoce chrétien et du sacrement de la réconciliation».

Mgr Sebastien y critique durement les deux ouvrages publiés en espagnol. Le premier, paru sous le titre «L’eucharistie, privilège du clergé ou droit de la communauté?», est signé par Jesus Equiza, professeur du Centre supérieur d’études théologiques de Pampelune. Le second, «Pour célébrer le sacrement de la pénitence», est un ouvrage collectif de sept auteurs, sous la direction de Jesus Equiza.

Selon ce théologien, «il n’y a pas de contradiction entre le contenu de ces livres et le message biblique chrétien de l’Eucharistie et du pardon et de la réconciliation exposé par le Magistère».

La réalité en face

Suite aux «réserves» émises par Mgr Sebastian, 34 prêtres du diocèse de Pampelune lui ont adressé une lettre où ils jugent «excessive» la démarche de l’évêque. Les prêtres estiment qu’au lieu de camper sur les positions du passé, il vaudrait mieux voir la réalité en face, lorsque de graves problèmes se posent à l’Eglise. La question des ministères dans l’Eglise leur paraît mériter un nouvel examen, alors que de nombreuses communautés à travers le monde n’ont pas le droit de célébrer l’eucharistie dominicale.

La crise que continue de traverser le sacrement de la réconciliation leur paraît mériter également une attention sérieuse. En revanche, écrivent-ils, «quand on nie les problèmes et, qui plus est, quand on accuse celui qui ose les poser, nous croyons sincèrement que nous devenons incapables d’entendre la voix de Dieu qui nous appelle à les résoudre».

Ces réactions de prêtres ont fortement indisposé le Conseil épiscopal, qui a manifesté son adhésion à l’archevêque et s’est insurgé devant les «jugements injustes portés sur sa personne et sur sa façon d’agir».

Dans le même sens, l’assemblée de professeurs du Centre supérieur d’études théologiques de Pampelune s’est dit en parfait accord avec l’attitude de Mgr Sebastian. Dans son article publié par le «Diario de Navarra», l’archevêque n’est pas tendre pour ses détracteurs. «Les protestations de certains chrétiens contre la magistère du pape et celui des évêques cachent une inavouable soumission à la dictature du rationalisme et du sécularisme», écrit-il. Mgr Sébastian s’en prend aux «groupes isolés et fermés, où d’aucuns prétendent vivre la foi intensément mais d’une manière sélective, n’écoutant que des maîtres choisis à leur goût et à leur mesure, et se maintiennent en marge de la communion réelle avec l’évêque, avec le pape et avec les grands documents de l’Eglise».

«Soumission honteuse»

Dans les raisons invoquées par ceux qui ont mal pris son désaveu des deux ouvrages, l’archevêque croit deviner une «soumission honteuse aux exigences du paganisme moderne» et la poursuite inconscience du «rêve paternaliste d’une Eglise dans laquelle tous, voire la société entière, pourraient entrer, quitte à ce qu’on renonce à leur demander une vraie conversion, un changement de mentalité, de coeur et de vie».

Mgr Sebastian en arrive à la conclusion que «de plus en plus l’Eglise apostolique et catholique doit se présenter comme une minorité porteuse d’une contre-culture, fortement significative et interpellatrice, unie intérieurement et enracinée dans sa propre histoire et ses propos traditions, capable de supporter le mépris et la pauvreté, fidèle au Seigneur et fidèle à elle-même jusqu’à la mort».

Des ennuis à Grenade

De son côté, l’archevêque de Grenade, Mgr Antonio Cañizares, a fait part de son mécontentement au supérieur général des Jésuites, devant les opinions répandues par six professeurs de la Faculté de théologie de cette ville andalouse. La curie généralice des Jésuites à Rome a confirmé auprès de l’hebdomdaire «Vida Nueva» avoir reçu une lettre de Mgr Cañizares. Les religieux visés sont Eudardo Lopez Azpitarte, Leandro Sequeiros et Carlos Domínguez.

Mgr Cañizares n’aurait pas admis, entre autres, que Carlos Domínguez, qui est intervenu à Séville en octobre dernier lors d’un congrès international sur la religion populaire, ait intégré le point de vue de la psychanalyse à son exposé sur «La pénitence et les processions de la Semaine Sainte».

D’autres théologiens appartenant à des congrégations religieuses semblent être dans le collimateur de l’archevêque de Grenade. «Vida Nueva» cite le clarétien José Hernández, le salésien Antonio Jiménez et Soeur Trinidad León, dont on a rapporté des déclarations publiques sur l’accès des femmes au ministère ordonné. (apic/cip/pr)

10 août 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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