Radio CODE au service de la droite espagnole?

Espagne: Sévères critiques contre un émetteur contrôlé par l’épiscopat

Madrid, 5 avril 1998 (APIC) D’amples secteurs de l’Eglise catholique espagnole ont émis ces derniers jours de sévères critiques contre la chaîne de radio COPE, une fondation dont la Conférence épiscopale est l’actionnaire majoritaire. Aux critiques formulées dans les grands médias par le cardinal Ricardo Maria Carles sont venues s’ajouter ces jours-ci celles du conseil pastoral diocésain de la capitale catalane et de l’importante revue catholique «Vida Nueva». Celle-ci y a consacré un éditorial, dans lequel elle demande à l’épiscopat d’introduire des changements dans l’orientation et les contenus de la radio COPE.

Deux tiers des membres du Conseil pastoral diocésain de Barcelone, où siègent 124 représentants des paroisses, associations et mouvements catholiques, ont signé un manifeste dénonçant les «petites soirées» proposées sur radio COPE. Parmi les signataires figurent 42 des 46 doyens que compte la Catalogne, Pilar Malia, la directrice de la Caritas, le P. Jesus Renau, provincial des Jésuites, le P. Domenech Valls, provincial des Salésiens et d’autres personnalités.

Les reproches adressés à la COPE portent surtout sur ses attaques répétées contre la Catalogne et le régime d’autonomie régionale, ainsi que contre ses autorités démocratiquement élues. «Vida Nueva» dénonce de son côté des «allusions diffamatoires» d’un journaliste de l’émetteur, Antonio Herrero, à l’endroit de la député socialiste Rosa Conde. Beaucoup à Barcelone accusent en outre l’émetteur d’attaquer les défenseurs des droits de l’homme et de pratiquer couramment l’insulte, la disqualification et la calomnie. Une attitude qui est un obstacle à l’évangélisation, qui devrait être la raison d’être d’un émetteur de la Conférence épiscopale espagnole, écrivent les signataires du manifeste.

Le diocèse de Barcelone est le deuxième d’Europe en importance, avec plus de quatre millions d’habitants. Les catholiques catalans ont leur propre émetteur, Radio Estel, et les évêques de Catalogne ont déjà exprimé en diverses occasions leur désaccord avec la ligne suivie par Radio COPE. Ils ont d’ailleurs transmis leurs doléances au Vatican.

Dans une thèse défendue en février à Barcelone, où il analyse 540 radios catholiques et oecuméniques qui diffusent actuellement dans les pays latins du sud de l’Europe, un prêtre catalan, Josep Cabellas, licencié en communication sociale de l’Université Catholique de Louvain, avait déjà signalé que radio COPE, créée au début des années 60, avait quasiment perdu son caractère religieux pour devenir, dans ses émissions les plus suivies, une radio de propagande politique, qui s’est fait le champion du centralisme et de l’antisocialisme. (apic/cip/pr)

20 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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